Etonnant. C'est étonnant, ces brins de vie que j'ai laissé filer, cette tranche de mon passé, ces quelques années à écrire, à ne faire (environ) que cela de mes nuits, voire de mes jours aussi, à lancer mes mots au loin, peut-etre lancer mes maux accrochés à eux, et aujourd'hui, je n'y pense plus, je n'ai plus ce besoin, l'idée ne me vient plus à l'esprit, ou quand elle y vient, comme une vague suggestion, elle m'encombre presque.
Je suis moins dans l'idéal, moins dans l'introspection, je suis peut-etre plus dans l'externospection en fait. Je pense plus concret. Je suis moins loin du monde quand je pense à ce monde, justement. Il n'y a plus ce filtre de l'écran entre ma pensée et moi, il n'y a plus ce filtre des mots entre ma pensée et moi. Il me reste les images.
Je ne sais pas si c'est mieux. J'ai parfois peur de perdre en finesse de réflexion, en profondeur de reflexion.
Je crois que je suis plus sereine. Je ne sais pas si je suis partie d'ici parce que j'étais plus sereine, ou parce que je n'avais plus le temps de ne pas être sereine. Oh de toutes façons, ce n'est pas gagné.
Tu sais, mes peurs, mes fantomes, je les garde, il y a un pansement dessus, j'y pense moins ou moins souvent ou moins acéré.
J'ai peut-etre trop pensé par moi-même, trop pensé en dedans de moi, je suis peut-etre arrivée devant un mur.
J'ai démélé beaucoup de fils, comme je le fais depuis si longtemps. Mais mes frustrations, mes insatisfactions, je les cotoie chaque jour - sans pourtant pouvoir les dompter.
Il y a un truc qui m'empêche d'ouvrir mes ailes. Il y a des fils démèlés qui ne me mènent nulle part, sauf à ce mur, ce mur en dedans de moi, ce mur entre mon passé et moi, que ma mémoire ni mes mots n'ont su percer ni contourner.
Je reviens ici ce soir. J'aime bien la dernière note de ce blog, je n'avais peut-etre pas envie d'écrire aussi pour rester sur celle-là. Parce que j'ai envie que ma relation avec lui continue comme le soleil timide mais prometteur dans cette dernière note.
En réalité ce n'est pas facile, pas facile tous les jours. Les problèmes sont les mêmes mais autrement, mais ce sont les mêmes, bien qu'on les aborde autrement, enfin qu'on essaye. Je suis parfois plus sereine qu'avant, et parfois pas plus.
On se connait mieux. J'ai envie d'aller loin avec lui, même si j'ai souvent des doutes quant à notre relation, quant à notre 'nous'. Parce qu'il avance puis il recule dans notre 'nous', parce qu'il ne fait pas de projets pour nous deux mais qu'il fait les mêmes seuls ou avec des potes, parce qu'il y a ses problèmes sexuels qui sont toujours là. Parce que moi je vois bien que j'ai besoin de beaucoup d'attention, parce que j'ai besoin de choisir (ce que je choisis de choisir, et non pas ces insignifiances qu'on me demande de choisir), parce que j'ai besoin d'être rassurée, parce que j'ai besoin de nous voir au loin.
C'est aussi parce qu'il prend beaucoup de place dans mon coeur et ma tête, c'est peut-etre pour cela que je prends moins de temps pour les mots ici ou ailleurs. Ca fait du bien de penser à soi, mais ça fait du bien aussi de penser à quelqu'un d'autre que soi - ça dépend sans doute de ce par quoi on avait commencé. Quand je l'ai rencontré, je crois que j'étais fatiguée de n'avoir que mon nombril à régarder (même si je ne crois pas qu'il soit bon de le perdre des yeux non plus, le tout étant d'équilibrer entre le mien, le sien, et quelques autres nombrils subsidiaires qui nous entourent).
Si ça s'arretait entre nous : quand j'y pense, j'ai l'impression que ça ne me ferait pas tant mal que la première fois et en même temps je devine que je serais ravagée, peut-etre plus que la première fois - c'est la différence entre une idée abstraite et la réalité, sans doute...
Ceci dit, je ne veux pas que nous arrêtions, malgré ce qui nous plombe et qui ne se résoud pas, malgré le fait que j'y pense quand je nous trouve dans une impasse.
Mais je suis fatiguée de toutes ces routes parcourues, seule ou non. Je suis aussi fatiguée de mes solitudes parcourues, seule ou non. Je ne sais pas si nous sommes dans une impasse ou si nous nous heurtons simplement à qqes murs quand il s'agit de marcher ensemble et caler nos pas ensemble. Mais quand bien même il s'agirait d'une impasse, je crois qu'en ce moment je préfère être à deux dans une impasse, que seule sur une autoroute.
Ce n'est pas toujours facile d'harmoniser nos chemins passés, notre démarche actuelle et notre route future, mais c'est ce que je veux. Je crois que j'ai moins le temps d'écrire quand je marche, surtout quand j'apprends ce délicat exercice de coordination.
Bande son : rien, si ce n'est peut-etre Morphée qui arrive doucement en sifflotant, les mains dans les poches
Humeur : quelques nuages (certains blancs, d'autres gris), un peu de soleil, et pas mal de bleu autour de tout ça
Il a annulé sa soirée. Il m'a dit que c'était pour se voir, car on ne se voyait pas beaucoup et qu'il trouvait que c'était pas cool de sa part d'y aller. Je crois aussi que le fait que son pôte n'y aille pas et qu'il ne connaisse donc que la copine du pote à ladite soirée a dû avoir un rôle aussi dans son désistement, mais n'empêche que l'attention m'a touchée.
On a passé la soirée ensemble ainsi que le lendemain. Tu sais, je ne vais jamais au cinéma, je n'aime (n'aimais) pas ça. Lui il m'a tellement sous-entendu qu'il aimerait m'y emmener, lors de notre première relation, mais je bloquais. Là, j'ai accepté d'y aller avec lui, ça me faisait plaisir, j'avais hâte. J'étais heureuse de le retrouver le soir, malgré plein de choses des jours passés, j'étais heureuse, on riait ensemble. Pendant tout le film il a gardé ma main dans la sienne, parfois il me la changeait de main, parfois il la prenait entre ses deux mains, mais il la gardait, tout le temps. C'était bien. J'ai découvert que j'aime bien aller au cinéma avec lui. Je suis contente d'avoir partagé ce moment avec lui, quelque chose qu'il aime.
Je sais ça a l'air bête, parce que tout le monde va au cinéma et personne n'en fait un tel cirque. Mais moi c'est particulier, ces images qui défilent et sur lesquelles je ne peux rien, cette absence d'interactivité, ce bombardement d'émotions imposées, tout ça, ça me fait peur ou ça m'ennuie, au choix. Mais là avec lui, c'était différent, j'ai aimé ça, vivre ce film et le savoir, le sentir lui à mes côtés.
Et puis aujourd'hui on a parlé encore de notre 'nous'. Parce que c'est quand même encore tendu entre nous. Il a évoquait sa peur et sa culpabilité de ne pas arriver à me rendre heureuse alors qu'il le voudrait.
Il exposait aussi et surtout le lien entre sa baisse de libdo et sa peur d'être amoureux, il disait que chez lui le sentiment amoureux et le désir sont liés, on évoquait le fait que quand nous n'étions plus en relation ensemble il avait tout le temps envie de moi et ses sentiments pour moi etaient réels, parce que la relation n'était plus concrete pour lui, alors qu'à chaque fois que nous nous sommes vus tandis qu'on ne sortait plus ensemble, il me désirait terriblement, aussi bien dans sa tête que par son corps, mais depuis que nous nous sommes remis ensemble, à savoir depuis 15 jours, pffiiuuutt, le désir s'évanouissait déjà.
Alors j'ai dressé la conclusion de ce qu'il venait de m'expliquer sur l'absence de désir quand nous sommes ensemble mais un désir qui redevient évident quand nous n'y sommes plus, et sur ses sentiments pour moi présents quand je ne suis pas présente ou pas accessible mais qui reculent et ferment les portes dès que ma présence devient concrete.
J'ai donc dit 'en fait tu ne m'aimes que quand je suis absente'. C'était plutot un constat, mais il y avait peut-etre un peu de question dedans. Il y a eu un silence puis il s'est approché derrière moi, m'a prise dans ses bras et m'a dit doucement 'je t'aime quand tu es là'.
Un petit peu après, on a fait l'amour, c'était joyeux et sensuel.
Bane son : Moriarty - Live Humeur : légère, allégée, même si préoccupée (parce qu'au fond rien n'est réglé, surtotu quand tu considères qu'au moindre ps vers moi, il recule ensuite de deux pas)
Franchement, tu veux que je te dise ? T'es un pauvre con.
On s'est remis ensemble depuis 2 semaines et tu me gueules dessus qd "j'ose" t'interrompre pour te poser des questions qd tu parles. Je ne suis ni un enfant ni ton jouet.
Tu as des soirées tout le WE, pas question de m'y inviter mais ds ta grande bonté tu me proposes de venir te regarder en train de mater ton match de rugby le samedi après midi, avant que tu partes à ta soirée. Trop bon. Mais si t'as pas envie de passer du temps avec ta petite amie (d'autant plus qu'on vient juste de se retrouver), je pense que la relation n'est pas équilibrée.
Tu évoques l'idée de partir à NY ensemble et 5 minutes plus tard tu recules, des fois qu'on ait pas les mêmes envies, des fois qu'on s'entende pas. C'est étonnant d'être sorti 6 mois ensemble et d'avoir fait la démarche de se remettre ensemble 4 mois plus tard, si on etait si différents. Mais en effet, si tu penses que nos envies sont si différentes, on n'a rien à faire ensemble. Partir en voyage à deux, c'est comme le reste d'une relation à deux : c'est pour chacun des 2 partager ce que l'Autre aime, c'est partager son univers, c'est un échange des deux côtés, et c'est justement ces différences qui font la richesse de la relation (ou du voyage).
Je t'ai suggéré qu'on parte au ski ensemble et une semaine après tu m'annonces que tu pars avec un pote. A l'UCPA si j'ai bien suivi ? ds ce cas n'oublie pas de prendre des capotes, là bas tu devrais en avoir besoin.
Tu m'as appelée 2 soirs en 15 jrs depuis qu'on a recommencé à sortir ensemble - oui forcément c'est mieux qd c'est moi qui t'appelle, ça t'évite d'utiliser cette fameuse ligne téléphonique facturée à ton ex. Tu ne trouvais pas ça agréable nos longues discussions et la complicité qui s'en dégageait, "avant" ? Moi oui, mais il n'y a pas de raison que ce soit moi qui doive systematiquement te passer les coups de fil.
Si j'ai le sommeil agité (comme tu dis), il y a peut-etre une raison. Entouka, j'accumule trop de rancoeurs et frustrations ds nos relations pour être sereine.
Visiblement tu as plus envie d'être célibataire que de partager des moments avec moi.
Ce n'était pas une erreur de tenter de recommencer ensemble : déjà parce qu'à travers nos jolies retrouvailles j'ai eu la joie de croire qu'on allait peut-etre pouvoir s'aimer et que c'était de beaux moments ; et ensuite parce que, 2nd effet kiss cool, en 2 semaines ça m'a permis de vérifier que j'avais pris la bonne décision en juillet.
Je ne te souhaite rien, ni du bien ni du mal, je veux juste que tu me laisses tranquille maintenant.
Humeur : excédée et déçue et pourtant j'aurais encore envie que ça puisse marcher
Il n'y a plus grand chose à dire et en même temps, il y a tant à dire.
Il y a eu ce moment où nous étions dans les bras l'un de l'autre, blottis, comme dans une bulle depuis un moment et je lui ai dit "tu me manques". Des larmes ont glissé de ses yeux et après un silence il m'a dit "moi aussi tu me manques". Il y avait un "mais" suspendu à son inspiration au bout de sa phrase, je lui ai demandé et il a ajouté avec les larmes qui roulaient sur ses joues "mais j'ai peur de ne pas y arriver". Je l'ai serré dans mes bras.
Il m'a raconté son rêve une nuit de la semaine passée, il disait que ça l'avait retourné, qu'encore ça le troublait, il avait rêvé que nous faisions l'amour et que je lui disais "J., fais-moi un enfant". Il me l'a raconté, on a ri, un petit peu, il a pensé que j'étais gênée, "non pas vraiment, c'est plutot flatteur et touchant". Je ne sais pas interpreter les rêves, je lui ai dit, je sais que les personnages dans les rêves sont seulement des supports au transport des idées, qu'il fallait me prendre dans ma dimension symbolique et qu'il n'y a que lui pour savoir ce que je symbolise pour lui.
Il sait ma conception des choses sur les enfants, que je n'en veux pas dans l'absolu, mais peut-etre un jour si je suis heureuse avec un homme, que nous avons construit une belle relation, fiable et stable (autant que cela se peut dans cette vie où rien ne reste, quand bien même on mettrai toute notre énergie à installer notre volonte), que je me sens en confiance, alors dans ce cas peut-etre, un enfant de l'amour, un projet de couple. Mais pas un enfant dans l'absolu.
Ensuite j'ai 34 ans, je ne me fais plus tellement d'illusions, je me dis que si j'avais dû vivre une grande histoire, ce serait déjà arrivé, que certes parfois j'ai été chercher le diable pour trouver mes limites mais que maintenant je fais de mon mieux pour mettre les chances de mon côté, je bouleverse mes préférences pour tenter des voies vers lesquelles je ne ne serais pas allée d'emblée, je découvre de belles choses mais même ainsi je me cogne dans des portes. Je vais voir quel chemin je peux faire, mais. Mais. Je ne sais pas quoi mettre après ce mais, peut-etre la trace de mes illusions qui se dispersent, en filigrane, tandis que une part de ma sensibilité aimerait encore y croire - sans doute un sursaut d'optimisme, mélange de curiosité de la vie et d'instinct de conservation.
C'est le récit de ce rêve qui a été prétexte à ma venue chez lui, il ne voulait pas me le raconter par texto, il a proposé que je passe après ma soirée. Je l'ai appelé vers minuit, je partais. Lui-même était à une soirée, il est parti aussitôt. Je lui ai demandé après si c'était fini cette soirée, "non mais j'avais hâte de te retrouver". Ca aussi c'était mignon et ça m'a touchée.
Comme les 3 fois où l'on s'est vus depuis mon retour de Bali, on est restés des heures ensemble, blottis dans les bras l'un de l'autre. Parfois on parle, on peut parler pedant des heures. Parfois on ne dit rien, on se nourrit de la présence de l'autre. C'est beau. Un mélange de complicité et sensualité. Il aviat envie de moi, je ne voulais pas si onétait pas ensemble, je ne concevais d'avoir des rapports avec lui que dans le cadre d'une relation. Pourtant la semaine d'avant je lui avait fait une fellation, j'en avais tellement envie, mais je refusais d'avoir des rapports sexuels avec lui si on n'était pas formellement ensemble. Il voyait pourtant que j'étais excitée, il savait que j'en avait envie, il m'a dit "je t'admire : tu as une de ces volontés". Ca m'a touchée.
Il voulait que je reste dormir chez lui. J'ai proposé qu'on reparte chez moi. Après avoir passé la nuit à veiller ensemble, au petit matin, je repartais. "Tu mets pas tes chaussures pour venir ?" "Euhhh, euhhh, nan je vais rester là...". Et là, j'ai mis entre parenthèses ma philosopphie des relations, la liberté de chacun, qu'on n'impose pas les choses à l'autres etc, je lui ai dit "bon alors non : maintenant tu mets tes chausssures, c'est moi qui décide ! A chaque fois que je te laisse choisir un truc, soit tu hésites et tu décides rien, soit tu prends n'importe quoi comme décision, donc là c'est moi qui décide, tu mets tes pompes et tu m'accompagne chez moi et on dort ensemble, c'est tout". Il s'est levé il a mis des baskets et il m'a suivie. Ca nous a fait rire.
On a passé la journée ensemble, une partie à dormir, puis on a fait l'amour, on était en phase sur la relation, ça voulait dire pour nous deux que l'on reprenait ensemble. Je lui ai dit que je l'aimais, j'ai prononcé son prénom et j'ai dit je t'aime. Parce que je ressens cela pour de vrai en moi.
Il est resté jusqu'au soir, il a proposé de revenir me faire la peinture de mon entrée le week-end suivant, ça m'a touchée qu'il se projète déjà, il a même envisagé de me faire la chambre (pour laquelle je pensais contacter un entrepreneur), il m'a suggéré de voir avec moi pour changer les portes des placards de ma cuisine. Je n'avais rien demandé, il s'est proposé de lui-même, apparemment bien décidé. Moi j'étais comme une enfant le jour de Noël, épatée, moi qui n'y connais rien en, lui il m'expliquait les différences entre la glycero et l'acrylique et moi je le regardais l'oeil brillant, épatée.
Lui il m'admire parce qu'il dit que je me connais bien alors que lui ne se connait pas, que je sais exprimer mes émotions et les vivre. Moi je l'admire pour son sens de l'observation, son intelligence d'analyse et parce qu'il sait gérer ces choses qui me font peur, les choses matérielles, le concret, il n'a pas peur d'une fissure dans un mur par exemple tu vois ;-). Et autour de ça il y a cette complicité qui nous relie, certaines blessures d'enfant en commun, une sensibilité aiguisée. J'étais heureuse de reprendre notre relation, j'étais heureuse de lui dire que je l'aimais.
Je m'attendais à ce qu'il recule une fois de plus, tu sais bien, comme il fait à chaque fois, un pas en avant deux en arrière. Mais là, ça, je ne m'y attendais pas.
Le lundi soir il m'a appris que le dirigeant de sa boite lui proposait une promotion avec mutation en Champagne. Une semaine pour se prononcer, prendre sa décision.
Au début je sentais que dans mon discours je mettais l'accent sur tous les points négatifs à partir là-bas. Je lui ai alors dit "je ne veux pas t'influencer, je ne vais plus en parler, j'aurais envie de te donner mon avis, mais je n'ai pas à t'influencer dans ce choix". Je croyais que je n'avais pas de légitimité pour faire valoir mes intérets. J'ai réfléchi, j'ai réalisé qu'il ne fallait pas que je m'efface comme ça, même si effectivement on ne s'est remis ensemble que depuis 2 jours. Le lendemain, je lui ai donc dit que j'avais réfléchi, "je t'ai dit que je ne voulais pas t'influencer, mais pour moi c'est important de faire part de ce que je pense, même si c'est égoïste, moi je préfère que tu sois là où c'est plus facile pour se voir tous les deux". Il m'a dit qu'il l'avait compris, que c'était normal et que c'était plutot mon attitude de la veille qui n'était pas normale. Il m'a aussi dit que j'avais une importance dans la décision qu'il allait prendre. J'étais touchée.
Ensuite quand on en parlait, j'ai compris que son choix allait vers l'acceptation de cette mutation. Il m'a quand même demandé hier "tu voudrais quoi toi ?". Il m'avait déjà semblé être claire, je lui ai dit que je n'avais pas à lui dire ce que je veux, que moi je tiens à lui et que j'ai envie de passer le plus de temps possible avec lui, que je suis heureuse quand on se voit, mais que je peux pas prendre cette décision à sa place, que je préfère être malheureuse ensuite plutot que de l'avoir retenu dans une cage, que je suis pour la liberté, même si je préfère que l'on soit libres en étant l'un près de l'autre. Il y a eu de long silences, des inspirations de l'autre coté du combiné. Moi j'étais très étonnée qu'il m'ait demandé ça.
J'étais chez une copine quand il avait appelé, alors ensuite on en a parlé, elle pensait que s'il m'avait demandé cela aussi clairement c'est parce qu'il avait besoin d'entendre que je tenais à lui, il avait besoin que j'énonce formellement les choses et que pour lui ça avait une importance de l'entendre. Moi il me semblait que j'avais déjà bien fait passer le message, je trouvais même que j'avais un peu trop insisté et j'avais peur que formuler trop mon attachement à lui vienne heurter sa peur de l'engagement qui le fait avancer puis reculer successivement. Mais j'ai fait confiance à ma copine et je l'ai rappelé, pour lui fournir une réponse claire à sa question, je lui ai dit que oui, je préfèrerais qu'il reste et qu'on puisse se voir facilement.
C'était dur de lui dire cela, parce que je ne me vois pas imposer à quelqu'un de renoncer à une opportunité professionnelle pour moi, pour un amour avec tout ce qu'on lui sait d'incertain, une relation qui vient de reprendre il y a qqes jours, même si c'est parès des mois séparation violemment douloureuse pour nous deux. Et en même temps, tu vois, là, de l'écrire je me dis que c'est peut-etre parce que je n'ai pas une estime de moi suffisamment grande. Je connais une fille qui est partie bosser aux USA, elle etait avec son mec depuis qqes mois à peine, il a quitté son job et s'est marié avec elle afin de la rejoindre là-bas. Alors bon.
Brerf, je lui ai dit et là j'ai halluciné, il m'a répondu que j'avais pas besoin de lui dire ça parce qu'il le savait déjà et que ma position était limpide depuis le début. Bah oui mais c'est toi qui m'a posé la question tout à l'heure, "tu voudrais quoi, toi ?" que tu m'as demandé. Il a nié m'avoir demandé mon avis, au motif qu'il le connaissait déjà. Comme j'insistais, il a laché "oui je t'ai posé cette question pour te pousser jusqu'au bout de ta logique". Ma logique ? Quelle logique ?
J'étais écoeurée mais on a continué à parler encore un peu. J'ai demandé, s'il décidait de partir là bas (oui j'ai mis des "si" puisqu'il dit n'avoir pas encore pris sa décision) (bien que tout dans son discours indique qu'il l'a déjà prise), comment il voyait les choses pour nous, pour continuer à se voir. "Non j'y ai pas encore réfléchi, j'y penserai après". Ah. De la grande importance qu'il accordait à notre relation dans l'évaluation de ce choix mardi au rôle secondaire qu'il m'octroyait jeudi soir, je n'ai pas compris, surtout en passant par le "tu voudrais quoi, toi ?" quelques minutes avant.
Je n'ai pas compris que dans ce fameux choix il ne cherche même pas à savoir comment il pourrait s'organiser pour continuer à me voir. Il m'a seulement dit qu'il était financièrement plus avantageux pour lui d'alller vivre sur place, qu'il y gagnera 200 euros par mois par rapport à rester sur Paris. J'ai trouvé ça dégueulasse d ela part de quelqu'un qui en gagne plus de cinquante mille à l'année. Je me dis que j'ai donc pour lui moins d'importance que 200 euros, ce qui m'a un peu rappelé cette histoire d'avion quand on sortait encore ensemble, où pour gagner 30 euros sur un vol il préfèrait ne pas se voir pendant 5 semaines. J'ai fait une conclusion autour des priorités qu'il établissait et j'ai vite mis un terme à cette discussion sans sens.
Comme trop souvent lors de notre relation, j'ai eu cette sensation qu'il m'avait mise en situation de formuler une demande que je n'avais pas ou ne formulait pas (comme l'histoire du diamant etc) pour ensuite mieux me la refuser. Je me suis dit aussi qu'il avait peut-etre réagi ainsi parce qu'il tentait de se blinder pour ne pas flancher sous les sentiments. Je me suis également dit que les choses n'avaient pas changé et notamment pas son rapport à l'argent qui passe fondamentalement avant les être humains et avant les sentiments (je me doutais bien qu'en 4 mois il n'allait pas se métamorphoser, mais il m'avait bcp dit qu'il faisait des efforts, que j'avais été un déclic pour lui à cet égard, je ne pensais donc pas que le galop du naturel qui revient après avoir été chassé allait être si rapide.
Ensuite je ne sais pas. Je réfléchis sur la fonction utilitaire du cours des choses (ce que ma copine appelle le destin). Je me dis que pour lui cette proposition est bien utile, ça lui permet de ne surtout pas réveiller sa peur de l'engagement, ne surtout pas se mouiller sentimentalement et ô miracle il n'y sera pour rien, c'est la vie, la faute à pas-de-chance pour notre histoire, le hasard tombe bien en fait, quelque part. Quant à moi, j'y vois du sens aussi, je me dis que s'il se passe ça juste au moment où l'on se remet ensemble, c'est peut-etre un signe qu'in ne doit pas être ensemble. Je me dis que le cours des choses, tel qu'il se manifeste ici, va sans doute m'éviter d'aller me perdre dans une histoire chaotique avec un homme qui fait 2 pas en arrière à chaque fois qu'il a en fait un en avant, qui me fait pleurer et être heureuse un jour sur deux alternativement.
A quoi bon continuer ensemble ? Toute la force de mes sentiments se heurte à beaucoup de choses. Continuer ensemble s'apparenterait presque pour moi à être dans un service de soins palliatifs pendant plusieurs mois. Savoir que notre histoire va mourir mais la continuer encore, essayer de trouver de la joie dans les derniers instants. Je ne sais pas si ça vaut le coup. J'ai déjà beaucoup souffert. Effectivemment, il a peut-etre raison de ne pas se demander comment on pourrait se voir au moins les WE quand il sera là-bas, même si ce n'est qu'à 1h de Paris.
Après la pluie le beau temps, cette mutation est peut-etre l'occasion de véritablement tirer un trait sur cette histoire qui m'a apporté autant de douleur que de bonheur, l'occasion de pouvoir me libérer de sa présence être m'ouvrir à quelqu'un d'autre ? Je ne sais pas. Je ne suis pas le roi, je ne peux pas faire tellement bouger les choses à ce stade, j'ai exprimé tout ce que je pouvais exprimer.
Bande son : The Dead Weather - Cut like a Buffalo Humeur : un peu triste, un peu stoïque, un peu préoccupée, un peu déconcentrée
Alors attends, on va remettre les choses un peu dans l'ordre, et à leur place si tant est qu'elles en aient une. Enfin, juste peut-etre prendre un tout petit peu de recul.
J'ai été attirée parce qu'il était déterminé, attentionné, enflammé, calin, on était complices, j'aimais sa sensibilité, son intelligence et son univers, et on faisait abondamment des galipettes.
Qu'en est-il resté ?
Un mec qui ne sait pas ce qu'il veut, qui ne sait pas s'il m'aime mais qui croit que non alors que tout montre (montrait) que oui, qui parle de son ex d'il y a un an et demi toutes les 10 minutes, un mec qui a peur d'être amoureux, un mec qui couine et clame son besoin de se regarder le nombril et de ne penser qu'à lui (mais aimerait bien avoir qund même une petite amie parce qu'il a envie d'être aimé et que ça lui manque), un mec près de ses sous, un mec qui me frustrait en me faisant miroiter des choses que je n'avais pas demandées pour les reprendre ensuite, un mec qui voulait bien faire l'amour toutes les 3 semaines, oh allez une fois par semaine parce que j'insistais bcp (mais pour me faire plaisir alors... super... trop gentil...).
Il en est resté également un mec très calin, au grands bras magiques qui effacent mes craintes quand il m'enveloppe, un mec avec qui on est restés des heures enlacés l'un contre l'autre dimanche et c'était doux. Un mec avec qui on s'entendait bien sexuellement (quand ça arrivait qu'on fasse l'amour, et pourvu d'accepter de ne jamais aller jusqu'au bout de l'acte). Un mec serviable bien qu'il soit égoïste (si c'est apparemment cohabitable). Un mec avec qui on a en commun le même mode intelligence des choses, un mec à la sensibilité fine et un sens de l'observation exceptionnel (sauf quand il s'agit d'observer ses propres problèmes, alors là sa capacité à ignorer les noeuds est fantastique). Un mec avec qui on parle tous les deux pdt des heures sans voir le temps passer quand on est ensemble et je ne sais même pas si le temps, lui, nous voit passer d'ailleurs tellement tout s'arrête quand on est ensemble. Un mec à qui je dis 'on est bien ensemble' et qui approuve 'oh oui'.
Mais surtout un mec qui ne veut pas partir mais qui ne veut pas rester non plus. Qui a peur d'aimer et d'être amoureux mais qui aimerait bien être aimé et qu'on soit amoureux de lui. Qui n'a toujours pas compris sa relation passée avec son ex ni son échec. Qui pense à lui avant de penser à moi, qui pense à lui plutôt que penser à moi. Non c'était pas comme ça au début.
Je sais pas bien ce que dit le bilan de tout ça, s'il y a des coeff' et tout et tout.
Ce que je sais, c'est qu'il ne faut plus rester là, la nuit va tomber maintenant, il est temps de courir se mettre à l'abri, il ne devrait plus rien arriver de bon, il ne faut plus espèrer ou attendre, je ne sais pas bien la nuance entre les deux mais je crois qu'il ne faut ni l'un ni l'autre.
J'ai trop attendu, je sais qu'il ne fera plus marche arrière. Plus maintenant. Plus depuis ce mail qui commençait par 'comme convenu'. Plus depuis nos deux mails faussement symétriques, miroir du nouveau fossé entre nos états d'esprits, dans lequel je lui avouais que j'avais regardé vers lui et dans lequel il m'avouais que lui aussi avait regardé... vers lui ! Plus depuis les échanges du Japon et les autres. A peine encore quelques gouttes ce dimanche, mais la source s'est tarie, j'ai bien compris, même si j'ai du mal à l'admettre.
J'ai dit à moi-même ok je laisse le bénéfice du doute encore une semaine, une sorte d'ultimatum plutot pour moi-même d'encore une semaine - le temps de voir, sans doute, les dernières gouttes s'évaporer, et peut-etre surtout plutôt le temps pour moi de m'habituer à l'idée que, ce que j'ai rompu il y a 3 mois, j'ai eu raison de le faire.
Il était temps, tu penses, c'est ça ? Oui mais dans la vie on ne décide pas toujours ce qu'on décide. Alors moi je crois que je vais décider cette semaine ce que j'ai cru décider il ya 3 mois. Et je crois que c'était normal, il faut du temps.
Je ne sais pas ce qu'il me prend, de me remettre à écrire je ne sais pas si c'est bon ou pas bon, mais peu importe, ça n'est pas désagréable, non je crois même que ça aide à faire glisser, un peu comme un verre d'eau avec un comprimé un peu amer...
Bande son : pas de bande son, juste l'odeur du bouquet rose et blanc qu'on m'a offert samedi
Humeur : un peu triste et nostalgique, amère, doucement résignée ou lentement plutôt. Plus calme, je me couche plus tôt c'est peut-etre un signe (d'ailleurs, ça me fait penser, à propos de la procédure judiciaire, il m'a dit qu'il etait admiratif, 'je ne sais pas comment tu fais. Je ne sais pas comment tu fais pour garder ton calme'. Moi non plus je ne sais pas comment je fais, mais je ne sais pas comment je pourrais faire si je m'énervais, alors c'est ainsi et ça ne veut pas dire que ça m'use pas).
Humeur bis : tu sais j'ai dit à propos de Bali que j'avais été un peu comme un train qui regarde passer une vache - tu saisis la nuance ? Et bien je crois qu'il y a beaucoup de choses dans cette vie qui sont ainsi, je crois que peut-etre aujourd'hui j'en suis là dans cette histoire.
Cette fois, pour une fois, je crois que les choses sont claires.
Il m'a demandé si j'avais réfléchi pendant mon voyage. Je ne suis pas sûre que ça l'intéressait vraiment de savoir si j'avais réfléchi, ni ce que je pensais.
Je lui ai dit que je crois qu'on avait pas réfléchi dans la même direction, pas fait le chemin dans la même direction.
Qu'après notre discussion du jeudi soir, j'étais partie en voyage en pensant, pas forcément qu'on pourrait se remettre ensemble parce que ça on sait jamais ce que va vouloir l'autre (et la preuve...) mais en pensant qu'on allait en rediscuter, j'étais d'accord pour qu'on ré-envisage une relation, voir s'il y avait moyen de peut-etre se remettre ensemble.
Et puis, que très vite j'avais compris qu'on avait pas fait le même chemin dans nos têtes, qu'on était pas partis dans la même direction.
Il a dit que je lui manquais ou quelque chose comme ça, qu'il était bien qd il était avec moi ou quelque chose comme ça. Puis il m'a parlé des bonnes et des mauvaises raisons. Qu'il ne savait pas s'il avait envie d'être avec moi pour les bonnes ou les mauvaises raisons. Moi je crois que ce qui compte c'est d'être bien ensemble, peu importent les raisons.
Il dit qu'il est trop malheureux quand l'amour s'arrête. Il dit ça alors même que c'est lui qui a tout précipité, c'est lui qui a eu besoin de penser à son nombril, c'est lui qui m'a poussée à mettre un terme à tout ceci - parce qu'au fond, celle qui était malheureuse c'etait moi.
Il dit qu'il ne veut pas me rendre malheureuse. J'ai suggéré 'peut-etre que tu as envie de penser à toi aussi, ne penser qu'à toi... ?'. Il a acquièscé, 'oui sans doute, c'est sûr' avant d'ajouter après un silence 'mais j'ai besoin d'être aimé, ça me manque'. Je n'étais pas étonnée, mais j'ai fait comme si je l'étais : 'Et aimer ? Tu as envie d'être aimé, mais tu n'as pas envie d'aimer aussi ?'.
Il y a eu un silence, il a fini par dire 'mais si, j'aime déjà' et je crois que ni lui ni moi n'avons compris ce qu'il voulais dire. Le silence a repris sa course, je savais que j'avais mis le doigt sur le petit truc qui manque, ce n'est pas en lui parlant de don et de partage que je résoudrais ses blessures d'enfant, alors je n'ai rien répondu à son silence. Je l'ai laissé me caresser le ventre sans aller au delà, sans répondre non plus.
Tu comprends maintenant pourquoi je n'ai rien répondu non plus à son texto qui m'annonçait qu'il avait raté le train mais eu celui d'après en repartant, et qui me souhaitait bonne nuit ?
Tu comprends ?
Parce que j'ai trop répondu jusqu'à maintenant, j'ai trop répondu en croyant, comme il se plaisait à me le faire croire, qu'il était en train de changer, de faire des efforts. J'ai trop répondu alors que je lui manquais mais qu'il ne cherchait pas à savoir moi ce que je ressentais.
J'ai trop répondu jusqu'à maintenant alors que nous étions séparés. Maintenant il faut cesser de se parler, de se répondre surtout quand il n'y a plus lieu à discussion. Sinon ce deuil, on en viendra jamais à bout, ça fait trois mois que je l'ai quitté et ça fait trois mois que je n'en sors pas.
Il me touche beaucoup, j'ai beaucoup tenu à lui, mais désormais il faut que moi aussi je pense à moi, que j'arrête d'être son saint-bernard et écouter ses errances qui ne le portent vers moi que le temps d'un détour (s'il avait dû y avoir un déclic, je veux dire un vrai déclic, ce serait déjà fait, en 3 mois il y aurait eu des actes).
Alors, admettre d'enfin se détourner, réaliser enfin qu'il n'y a plus rien à attendre. Avoir mal un bon coup mais c'est préférable plutot qu'attendre quelqu'un qui ne tend plus la main que pour prendre et plus pour donner, ni pour partager main dans la main.
Bande son : aucune Humeur : un peu triste, un peu amère, un peu résignée, un peu fermée, bcp fatiguée, je vais dormir
Stable, ce sont les gens qui disent ça, ce sont les gens qui me trouvent stable et équilibrée. Moi je ne sais pas, je ne sais pas sur quels critères ils se fondent pour dire ça, je ne sais pas quelle est la définiton. Même si j'ai souvent l'impression d'être plus stable et équilibrée qu'eux - ce qui ne veux pas dire que je me trouve stable ou équilibrée dans l'absolu. Pourtant, il faut bien se rendre à l'évidence, certes je vascille, je bascule dangereusement, mais je suis toujours sur le fil avec grâce. Enfin, les apparences, quoi.
Tu comprends mieux pourquoi j'ajoute "variable" ? Stable mais variable. L'équilibre en vascillant sur le fil, plutôt que la stabilité, d'ailleurs. Et les limites.
Ensuite, je ne sais pas d'où ils ont ces idées. Peut-etre parce que je me connais, je veux dire, je ne connais pas plein de choses qui sotn derrière moi dans ce baluchon qu'on m'a donné, mais par contre je me connais moi-même, je connais mes fonctionnements. Peut-etre aussi parce que je reconnais mes lacunes et j'assume ma sensibilité. Peut-etre parce que je suis franche et que je ne me mens pas.
Je ne sais pas au fond. Je vois de toutes façons que je ne me trouve pas très stable en ce moment. Alors ce qu'ils disent, ça ne fait pas grand chose d'autre que me caresser l'égo (ce qui n'est déjà pas mal).
Les gens disent des trucs bizarres des fois. Comme quand elle dit que je suis forte. Moi forte ? Je promène mes larmes partout depuis 3 mois, je suis forte ?
Oh parfois ça passe, parfois je me dis que ça y est j'arrive vers la fin du tunnel. Il y a 3 semaines j'ai même cru que c'était l'aube, j'ai cru que c'était le soleil qui se levait après une longue nuit. Je me suis trompée, c'est pas la peine de me regarder comme ça, ça arrive à tout le monde non ?
Lui il a dit 'j'ai l'impression que c'était hier, c'était il y a 2 mois mais je n'ai aps vu le temps passer'. Je crois que moi non plus, je crois qu'on s'est pétrifiés dans un drôle de truc, assomés l'un et l'autre par l'évidence à laquelle il faut se rendre.
Que des évidences dans tout ça. L'évidence de l'amour. L'évidence que ça ne fonctionnera pas. L'évidence qu'on s'aime malgré tout et qu'il vaut pourtant passer outre.
Je suis partie seule à Bali et le coeur était léger. Parce que j'ai cru à l'espoir qui avait écouté lui aussi nos 6h de discussion, j'ai cru à l'espoir qui avait gouté les baisers qu'il m'a volés ou offerts je ne sais pu bien, j'ai cru à l'espoir qui lui-même avait cru que le soleil se levait de nouveau et qu'on pourrait peut-etre s'aimer pour de vrai à nouveau.
Et aujourd'hui je pleure à nouveau comme il y a 3 mois. Ils me disent que je suis en détresse. L'une me dit que tout n'est pas perdu. L'autre me dit qu'il faudrait que l'on reparle tous les deux. Et moi je ne veux plus. Je ne veux plus parce que je l'aime tant. Je ne veux plus parce qu'il m'aime et que je l'aime et que c'est pas possible alors il ne faut plus se faire du mal, tu comprends ?
Je voudrais arrêter d'y croire - et en même temps je ne le veux pas forcément. Je ne vais pas mentir, j'ai espèré, je ne le nie pas, je ne le cache pas. Et j'aimerais encore, la réalité me laisse de moins en moins espèrer, mais encore un peu. Même si je déstet parle d'espoir, je déteste dire que j'espère quelque chose par rapport à quelqu'un. Mais bon, au fond, c'est bien de cela qu'il s'agit, alors je peux bien l'écrire ici.
Et ensuite, tu sais, il y a toujours cet instant dont on ne veut pas au début, cet instant de soulagement, de liberté, mais cet instant triste car il n'est même plus triste : tu sais bien, même le chagrin ne dure pas. Et moi, si je pleure c'est que je l'aime encore et je ne veux pas arrêter de l'aimer. Alors certes, je ne risque pas d'avancer bien loin ainsi.
Et je sais pourtant qu'il y a cet instant où tout bascule, sauf le funambule - cet instant où tout bascule et le funamubule retrouve paradoxalement un équilibre stable.
Tu as espèré ou attendu, et un jour le moment surgit et tu n'éprouves plus rien : le moment passe devant tes yeux et tu le regardes passer, un peu comme la vache regarderai un train. Et ce jour là, cette douleur profonde et impalpable qui rampe dans les trippes et qui te lamine le crâne, c'est fini : tu ne souffres plus, il se passe ce qu'il se passe et ça n'a aucune prise sur toi.
Cet instant-là, je ne sais pas si je le déteste ou si je l'attends.
Je sais juste que je ne peux pas passer ma vie à pleurer. Un chagrin d'amour il faut s'en remettre. Je n'ai pas envie d'être comme ces gens qui stagnent des années et ne font jamais leur deuil.
Mais là je suis entre deux mondes, je ne sais pas de quel côté regarder. Je n'arrive pas à savoir ce qui est mieux pour moi, me résigner ou y croire encore. Je sais que si je le voulais je pourrais dire stop et être déterminée et tourner le dos rapidement - mais je ne sais pas si j'en ai envie, je ne crois pas encore - c'est d'ailleurs pour ça que je pleure autant.
Et je pleure aussi parce que les choses ne sont pas ce qu'elles devraient être. Je pleure parce qu'il y a ces passés qui s'interposent entre notre présent et l'avenir : et ça, c'est au-delà de cette histoire d'amour, c'est ce baluchon qui alourdit les pas.
Bande son : des reniflements Humeur : beaucoup de larmes et franchement je ne pensais pas, je croyais que ça allait mieux, je ne pensais pas que je reviendrai poster ici bientôt, je n'en avais plus envie. Et puis les émotiosn m'ont débordée, les mots sont venus. Je ne sais combien de temps on met à arrêter d'aimer quand on n'a pas vraiment envie d'arrêter, et ce même si la situation ne s'y prête plus
Mais tu ne comprends pas ! Tu ne peux pas comprendre ! Je ne les ai pas les souvenirs. Je cherche et je ne vois rien. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, je ne me souviens pas.
Par quel bout que l'on prenne les choses, il y a toujours un mur, un mur à la mémoire, un mur à l'entendement.
Tu ne peux pas comprendre. Je n'ai plus de passé, plus que ces images clichés qui sont toujours les mêmes. Il ne me reste que le résultat de mes cheminements et le reste il n'y a plus rien. Je ne les ai pas les souvenirs, tu comprends ? Est-ce que tu peux le comprendre cela ?
Je ne sais pas comment j'en suis arrivée là, ni par quel chemin. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, ni dans ma vie ni dans celle des autres. Je traine ce sac dont je ne sais pas ni ce qu'il y a dedans ni comment l'ouvrir.
Elle, elle dit que ça arrive parfois. Quand les expériences ont été trop 'traumatiques'. Mais alors je fais quoi ? Je ne vais pas inventer tout de même ? Alors ce sont les autres qui fabriquent mon passé, qui tentent de deviner, inventer ce qui fait sens pour eux. Et c'est peut-etre faux, je n'ai rien pour infirmer, rien pour confirmer.
Comment je fais pour avancer une fois que j'en suis là ? Je voudrais savoir. Savoir ce qu'il s'est passé, pourquoi comment, d'où je viens et pourquoi ce chemin. Je dois comprendre mon histoire et celle des autres, je suis dans cette maison trop grande pour moi, à porter les passés de ceux qui ne sont plus là pour les porter, ces passés dont le contenu m'échappe, dont moi-même je m'échappe.
Pourquoi tout cela s'est effacé ? Pourquoi ma mémoire a-t-elle organisé sa propre insolvabilité ?
Combien d'années il va me falloir ? Est-ce qu'elle existe cette issue ? J'ai trop attendu. 'Mieux' ce n'est pas assez. Quelques gouttes de bonheur pour ensuite trop sentir le poids du reste.
Je ne sais pas ce qu'ils pensent tous, je ne sais pas s'ils se rendent comptent. Je me demande si les gens sont heureux. Sont heureux comme je l'ai été il y a quelques mois. S'ils sont heureux sur des bonnes bases ou sur de mauvaises. Si les édifices aux fondations incertaines finissent toujours par s'ébranler ou s'écrouler.
Ce chagrin d'amour, ça a cassé la serrure d'une malle bien trop profonde. Je ne sais plus si c'est l'arbre qui masque la forêt ou la forêt qui masque l'arbre. Je ne sais pas qu'est-ce qui est prétexte à quoi.
Je sais juste qu'il y a ce passé aux contours f(l)ous, au contenu inconnu. Ma mémoire ne va pas au delà, je n'ai que le droit de deviner qu'aujourd'hui est le produit d'hier.
Parfois je me dis que je suis condamnée, que j'étais condamnée d'emblée, avant d'arriver. Mais je ne sais pas quelle est la faute, ni qui l'a commise, quelle génération, ni pourquoi c'est à moi de porter le psychisme des autres, ni pourquoi les innocents sont toujours coupables.
Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Je ne sais pas si c'est objectivement ou subjectivement grave. Je ne sais pas si c'est dans mon histoire ou dans celle d'une autre. Je ne sais pas où il faut chercher. Je ne sais pas comment s'est vérrouillé mon inconscient ni s'il y a une clef.
Je ne me souviens pas. Est-ce que tu peux comprendre cela ? Mon enfance, mon adolescence, tout ça, je ne les ai plus. Essaye d'imaginer que tu es monté en haut d'une montagne, tu regardes autour et il n'y a rien, pas de panorama, pas de vue, pas de fond, ni rien, il y a du vide, pas de couleur, rien, du vide.
C'est une enquête sans fin que de retrouver mon passé, ma mémoire engloutie (dont je ne sais même pas par qui, par quoi), ces images, ces histoires qui se sont envolées, ma mémoire pleine de chiffres et de choses inutiles, ma mémoire sans passé.
J'ai besoin de retrouver mon chemin, je ne veux pas (m') abandonner.
Je veux allèger ma vie. Je veux me libérer des griffes de ce passé, ne plus leur donner le droit d'avoir une emprise sur moi. Je dois comprendre pour contrer, contourner, enjamber.
Je veux être heureuse comme j'ai pu l'entrevoir quelques fois (même si ce n'était pas sur les bonnes bases), pas seulement joyeuse comme on me dit que je le suis, non je veux être heureuse, arrêter de faire plaisir seulement aux gens avec mon sourire, et être heureuse, moi, de ma vie.
Bande son : Nada Surf - Popular (rien à voir avec la choucroute) Humeur du moment : bof. Je me deande si les gens voient derrière mon sourire, je me demande ce qu'ils voient. Et je me demande comment vont les gens derrière leurs façades anodines. Je me demande si les gens que j'ai trouvés récemment sur ma route ne seraient pas des gens fantastiques. Je me demande combien de fois il faut recommencer. Moi j'ai envie d'être heureuse. C'était tellement bien. Humeur - bis : tu sais, je suis contente d'avoir ce ici, ce refuge, où je sais que je peux revenir quand ça va mal, même quand je m'éloigne un peu
J'ai trouvé une coccinelle sur la table en terrasse du bar, samedi soir, après le spectacle. On a discuté longuement, enfin moi j'étais plus silencieuse, un peu absente, j'essayais de me raccrocher à leurs mots et leurs regards comme à un fil pour ne pas glisser. Après, j'ai raccompagné P. en voiture jusqu'à la borne de taxi, puis j'ai suivi X. et quand je suis descendue de ma voiture à 10 km de là, j'ai trouvé la coccinelle sur le siège passager, elle avait fait le chemin depuis le bar avec moi.
Je ne sais pas ce que ça veut dire. Je voudrais que ça me porte bonheur. Je ne sais pas dans quel sens. Je voudrais que la coccinnelle soit une baguette magique. Je voudrais que les choses cessent de ne pas être comme elles pourraient être, comme elles devraient être, comme je voudrais qu'elles soient. Je voudrais cesser de n'avoir pas de prise sur le déroulement de la vie, trop de choses dans cette vie.
Je déteste cette vie, son manque de justesse, son impitoyabiité, ses aléas, ses désillusions qui vous cognent alors même que vous croyiez avoir oublié ce qu'étaient les illusions et que vous pensiez simplement - ou justement ? - avoir (re)trouvé le chemin du bonheur, d'un bonheur. Fugitif. Je suis rentrée ce soir à la maison et je me suis rappelée que je détestais cet endroit, ou j'ai découvert à quel point je le déteste.
J'ai quitté mon refuge samedi après midi. J'ai quitté ma bulle, en quittant J., en précipitant la rupture.
J'ai mal depuis. Par moment j'estompe ou j'occulte et par moment je fonds en larmes. X. a tenté de me consoler, m'écouter, juste être là, me parler de ça ou autre. C'est hier soir, j'étais trop mal après avoir déposé P., je lui ai demandé si je pouvais venir un peu chez lui, j'avais besoin de parler, ou d'oublier, ou d'écouter, et de ne pas être seule. Il a bien ovulu. On a parlé jusqu'à 5h du matin, j'étais pas en état de faire les 20 km pour rentrer à la maison, je suis restée dormir, il m'a laissé le lit à l'étage pendant qu'il prenait le canapé.
Je me suis réveillée dans la matinée en pleurant, en ruisselant sur les joues, je crois qu'il a entendu, il est monté, je ne sais pas ce qu'il pensait, par moment il me prenait dans ses bras et moi je continuais à pleurer, ou je m'arrêtais, on discutait, je repleurais, je racontais des choses sensées ou n'importe quoi, je ne sais plus, il a passé presque toute la journée à rester près de moi ou à me laisser dormir, parfois on a même rigolé, et moi j'ai beaucoup pleuré. X. a été génial avec moi. Et pendant ce temps, moi je m'occupais de ma douleur comme je pouvais. J'ai mal, tu sais.
Je lui ai raconté certaines choses, je ne lui ai pas dit pourquoi j'avais précipité la rupture, mais j'ai évoqué la discussion que j'avais eu avec J., et que j'avais peur d'avoir dit des choses trop dures à J., que je voulais pas avoir mal, je lui ai raconté comment J. a fondu en larmes quand je lui ai parlé de son père. Je crois que j'ai tapé trop fort. Je voulais le faire réagir, tu comprends, qu'il se secoue, qu'il se donne les moyens de se sauver, c'est quelqu'un d'intelligent, il lui faut juste une lumière extérieure, que quelqu'un lui prête une lanterne pour éclairer son chemin, pour fouiller ce qui a bloqué dans son passé. C'était affreux, J. pleurais et moi je pleurais dans ses bras, il me serrait fort fort fort, je lui disais 'je t'aime', tu sais j'ai jamais dit ça à un homme, jamais, c'est le premier, c'est la première fois, j'ai attendu la rupture pour lui dire, mais il le savait déjà, je lui avais dit autrement.
Je ne pense pas que ce soit l'homme de ma vie, et pourtant je ne peux pas imaginer ma vie sans lui. Je déteste ma vie sans lui. Avant j'aimais 'la' vie, mais pas toujours 'ma' vie. Depuis que j'avais rencontré J. c'était différent, j'avais plus confiance, je me sentais en sécurité, j'étais bien dans ses bras, dès que j'étais dans ses bras j'étais bien, même si les choses n'allaient pas.
Tu sais, J. c'est quelqu'un de formidable, d'exceptionnel. C'est quelqu'un qui est sans doute banal pour tout le monde, mais en réalité il était exceptionnel. Il y a eu des trucs moches, des comportements pas admissibles à mon égard, il a des défauts, des défauts difficiles à gérer dans une vie de couple, on aurait eu beaucoup de mal à créer un foyer avec ça, il avait ses doutes et ses fuites, il y avait ses angoisses, mais pour moi, il est au-delà de tout ça, ça reste quelqu'un de fantastique. Je lui ai dit, mais je pense qu'il ne me croit pas.
Ce sont ses mots qui ont précipité ma décision. Je lui ai dit qu'on ne pouvait pas continuer dans ses conditions, qu'il fallait arrêter.
Ce que je ne lui ai pas dit, c'est que je réalise que mon tort dans cette histoire est sans doute d'avoir voulu comprendre, formuler, régler les problèmes, je crois que je suis allée trop loin dans la communication, mais on s'entendait tellement bien, j'ai cru qu'on pouvait parler de tout. J'aurais peut-etre dû être plus souple dans la formulation des problèmes, arrêter de vouloir tout résoudre et plutot me laisser porter. En même temps j'aurais dû être plus ferme, plus autoritaire, laisser moins de liberté, c'est toujours ça qui me mène à Rome : je laisse trop le choix, je n'impose rien. Quand j'exigeais, au contraire, il cessait d'hésiter et de me brinqueballer, il acquièscait ou obtempérait, j'aurais dû comprendre avant ce que m'a dit P. 'il y a des gens, il faut décider à leur place'.
Mais la relation est arrivée là où elle est arrivée, flottant sur ses hésitations pendant que j'ai fait ce que j'ai pu pour garder notre tête hors de l'eau, les concessions et les discussions. Les efforts, ils les a faits, parce qu'il tenait à moi, mais il n'a fait les efforts que sur les actes, les problèmes de fond demeurait, et son manque d'implication aussi.
C'était dur, il me disait 'j'ai ressenti avec toi ce que je n'avais pas ressenti depuis des années, les papillons dans le ventre, les fourmis dans le ventre', on a reparlé de quand on était heureux, que c'était bon, c'était bien, c'était doux. Mais me l'a confié plusieurs fois 'j'ai peur d'être amoureux, j'ai peur d'être heureux, je ne veux plus perdre ça, je ne veux plus aimer, je ne veux plus souffrir', c'est pour ça qu'il a saccagé la relation. Combien de temps il va falloir pour qu'il retrouve confiance ? et qu'il parte aimer une autre fille ?
J. était d'accord pour arrêter, il voit tout aussi bien que moi qu'on est dans une impasse, qu'il ne veut pas me perdre, qu'il tient à moi (c'était beau la semaine dernière quand il me l'a dit après un silence, en détachant les mots, 'je tiens à toi' et que je lui ai répondu que 'moi aussi je tiens à toi'), mais qu'il n'y arrive pas. Il fuit, il n'y peut rien, il donne et il reprend comme un enfant lance un jouet et va le rechercher, il a besoin de tout contrôler.
J'ai souffert, tu sais, avant d'en arriver là, avant de prendre la décision. Vendredi déjà, il devait partir en week-end dans le sud, j'avais les mots et les maux du mercredi soir et du jeudi matin bloqués en travers dans la poitrine, je pleurais, je voulais arrêter. Je croyais qu'il partait et que j'aurais le week-end pour réflechir à tout ça, ne pas lui parler, je ne voulais même pas répondre au téléphone s'il appelait.
Et puis il a appelé vendredi après midi e j'ai quand même répondu. Il avait annulé son week-end, la voiture n'avait plus de batterie. C'est ce qu'il a dit en tout cas. Moi je ne voulais plus etre tributaire de lui, être suspendue à ses désideratas, et le supplier de venir avec moi à mes sorties ou autres. J'ai dit sèchement que c'était dommage j'avais prévu mon week-end sans lui.
Il a voulu savoir pour ma soirée, je lui ai parlé de ma pièce de théatre, je lui ai vanté les oeuvres de Camus. Il a dit qu'il y avait quelque chose dans ma voix, qu'il ne me sentait pas (quand il dit ça, c'est quand il sent que je veux mettre un terme à la relation). Il m'a demandé s'il restait des places pour le théatre, il voulait m'accompagner, je lui en ai trouvé une sur un site à tarif bradé jour-même (parce que sinon, 20 euros, quand même c'était trop pour lui - tu penses bien, tsss).
J'ai adoré ce Caligula, la mise en scène, les acteurs, le décor, tout était en ligne avec mon interprétation de la lecture de la pièce, ou même en mieux. Quant à lui, j'ai compris que ce qui l'interessait surtout c'était de me faire plaisir en m'accompagnant, je lui ai répondu que oui ça m'avait fait plaisir mais que ce qui me ferait encore plus plaisir ce serait que la pièce lui ai plu - je crois que lui aussi il a aimé.
Et moi j'ai aussi aimé quand il se rapprochait lentement de moi, d'abord le siège pourri à côté du mien parce que j'avais pas vulu changer de place, puis sa jambe qui est venue contre la mienne, puis un petit bisou sur mon épaule entre deux actes.
Il a demandé ce que je faisais après, j'ai proposé soit je rentre soit on fait un truc ensemble, je connaissais un resto pas loin, on y est allés, j'avais froid il me serrait contre lui dans la rue, j'adore ça, j'adore être dans ses bras, ce sont les plus beaux bras que je connaisse, les plus grands, les plus enveloppants, les plus magiques, les plus doux, ceux qui vont le plus me manquer, ceux que je ne veux pas céder à une autre femme. Et puis il s'est mis à me porter sur son dos, comme ça à califourchon, vers le restaurant dans les rues de Paris, on hurlait de rire. Mon resto aussi il l'a aimé, il m'a demandé pour qu'on reste dormir ensemble pour la nuit, on est partis chez moi. Je restais sur la réserve, mais j'étais contente d'être avec lui.
On a dormi ensemble, il n'a pas retouché à mon ordi. Le matin on a fait l'amour. C'était bien mais encore une fois il n'a pas éjaculé, cela fait des mois qu'il ne vient plus en moi, que l'on finit parfois le travail à l'extérieur, parfois pas, et que ça me rend triste de ne pas partager la jouissance avec lui, jamais, d'avoir l'impression qu'il est en dehors du plaisir, sous contrôle, toujours, et qu'on fait de moins en moins l'amour depuis que j'ai réabordé le sujet il y a 3 semaines (après plusieurs mois de silence) sans doute parce qu'il préfère fuir les situtions qu'il ressent peut-etre comme un échec ou un mur.
On s'est endormi et, en se réveillant vers 15h30, il voulait savoir ce que j'avais vendredi soir, ma voix qu'il ne sentait pas. Au début je en voulais pas en parler, je en voulais pas lui faire une liste de reproches, je ne savais pas comment formuler les choses, et puis les mots sont venus. Je vais finir par me détester de faire autant de mots. et puis j'ai voulu savoir s'il pensait que les choses pouvaient changer. Certaines oui, d'autres non.
Oui pour les vacances, oui pour les week-end, oui pour les sorties, et qu'il avait envie de faire cela avec moi (évidemment on n'a pas abordé la question pécuniaire à ce stade).
Et non pour la sexualité. Je lui ai demandé s'il savait pourquoi pendant une période il était arrivé à venir en moi, plusieurs fois pendant quelques semaines, et que depuis plusieurs mois, ça n'existait plus. Il m'a dit 'la réponse n'est pas agréable pour toi à entendre', puis comme je voulais savoir, il m'a dit que je l'excitais moins, et qu'il ne pensait pas que ça allait revenir. Oui ca faisait mal à entendre en effet - d'autant plus pénible que je ne vois pas le lien entre l'excitation et la non-éjaculation, à partir du moment où il est en érection (or sur ça on a jamais eu de problème, au contraire).
Et pourtant, son argument, c'est un peu comme il a fait avec le sentiment amoureux en mars, alors que 3 mois plus tard, ce mec qui m'appelait ts les jours pdt 3 heures en juin, et qui me laissait des messages sucrés sur mon repondeur après les moments passés ensemble, et qui voulait m'emmener che Ler*y Merl*n à cette même époque, ça m'avait tout l'air d'un mec amoureux - juste en forme de yoyo. Avec un peu de recul, je me dis qu'il a cherché l'élément imparable pour fuir la relation en me faisant décider à sa place que ça ne me convient pas sans ces éléments : l'amour, puis le sexe.
C'est donc là, sur son histoire de moindre excitation, que j'ai dit 'Alors il faut arrêter. Si je ne t'excites plus, je ne veux pas continuer, je ne veux pas m'user dans ce schéma comme tu t'es usé avec ton ex qui (pretendument) n'avait pas de désir pour toi'. Il a protesté en disant qu'il n'avait jamais dit que je ne l'excitais plus du tout, mais que je l'excitait moins. Oui mais le résultat est le même, tu ne jouis jamais en moi, et cela fait presque 5 mois que j'attends, que je te guide, que je te laisse faire ou que j'évoque le problème. Si au bout de 5 mois je t'excite moins, qu'est-ce que ça ca être si on continue ensemble plus longtemps. Et puis ce n'est pas normal que je doive quémander nos instants de sexe ou être condamnée à attendre que tu décides que tu as envie, alors même que ton sexe manifeste son envie bien plus souvent que toi.
Je ne peux pas lutter contre ça, je vais m'épuiser, je ne veux pas m'user à réveiller hypthétiquement ton désir et perdre l'image que j'ai de moi, la confiance que j'ai en mon corps, en mon image, en ma sexualité. 'Je t'aime mais je me préfère'. Il a dit que j'avais raison.
On a vaguement évoqué les autres problèmes, le fait qu'il donnait pour reprendre, ou faisait sous-entendre qu'il allait donner, puis indiquait ensuite qu'il donnait à une autre personne, j'ai listé les exemples : le diamant, le week-end dans les cévennes, le week-end à cannes qu'il m'a proposé en début de semaine ('parce que ça te tenait à coeur qu'on parte en We ensemble et que je savais que ça te ferais plaisir, et pour voir si tu te projetais à un mois et demi'), la clef de chez lui...
On a aussi parlé de son rapport au bonheur, de sa fuite. 'Je suis sure que ça va te faire du bien ton voyage au japon, c'est pour ça que ça me fait plaisir que tu y ailles', même si moi directement ça ne m'apporte rien (c'est ça qu'il n'arrivait pas à comprendre : que je sois simplement contente 'pour lui' meme si moi je n'y partais pas et je bénéficiais pas de ce voyage), 'je pense que ça va te permettre de prendre du recul, de prendre de la distance, tu as besoin de sortir de tout ça, tu en as besoin, tu as besoin de t'évader de tout ça'. Il m'a dit 'je ne te demande pas d'attendre jusque là, je ne sais pas où je vais, ni ce que ça va donner, je ne veux pas te faire attendre' - 'non, je sais, je n'attendrai pas, on arrete la relation aujourd'hui, c'est tout, mais j'ai envie que tu sois heureux, tu le mérites, tu as toutes les clefs en mains, il faut que tu t'en donnes les moyens'. Je ne veux pas qu'il croupisse dans cet état vaseux, il vaut tellement mieux.
Mais j'avais mal pendant cette longue discussion, plusieurs heures, je pleurais, il me disait qu'il ne voulait pas que je souffre, que ça vait l'air bateau comme phrase mais que c'était vrai, qu'il ne voulait vraiment pas que je souffre, que je méritais de ne pas avoir mal, qu'il ne voulait plus me faire mal.
C'est moi qui lui ai fait mal, quand hj'ai fait cette analogie, j'ai du mal à admettre de pouvoir avoir dit quelque chose de potentiellement si destructeur pour lui. Ca me fait mal encore de repenser à ces instants, sa douleur, ses larmes, et ses bras qui m'enlaçaient malgré tout, il me serrait fort contre lui. On pleurait tous les deux, dans les bras l'un de l'autre, j'avais ma main sur sa nuque et je répètais ces mots que je n'ai jamais dits à personne, je t'aime je t'aime.
Et puis j'ai senti son sexe bouger, on a regardé, il était en train d'avoir une grosse érection, on a rigolé, J. a secoué la tête, interloqué 'je suis désolé, il confond tout', ça nous a amusés encore plus, on riait on riait, ça faisait du bien. Je lui ai demandé s'il voulait bien qu'on fasse l'amour, même si on se quittait, et il m'a prise tendrement, doucement, hypnosément, c'était bon, et puis j'ai fondu en larmes pendant l'acte, je disais que j'étais désolée, lui aussi il était ému, il me disait que c'était normal, que je n'avais pas à être désolée, on a continué et bien sur il n'est pas venu en moi. Mais je l'aime. Ca n'a sans doute rien à voir, c'est une histoire qui ne tourne pas rond, mais c'est ainsi.
Et ça passera forcément, bientôt ou dans un peu plus longtemps, ça finit toujours par passer, mais aujourd'hui les choses sont ainsi, je tiens encore à lui, il m'évoque beaucoup plus de bonnes choses que nos ébats certes qualitatifs mais jamais aboutis, il m'émeut, il me rassure, il me protège. Enfin tout ça au passé désormais.
Je devais aller au chateau le soir, accueillir les autres au spectacle, je ne me sentais pas de faire les 30 bornes en voiture, avec mes gros yeux tout gonflés, mon mal de crane mes mains qui tremblaient, je ne me sentais pas de faire la route seule, ou même de faire la route. Il a bien voulu m'accompagner, il a écrit pour moi le texto à ma copine coorganisatrice que je lui dictais pour gagner du temps, il faisait le copilote, me portait mon sac, mon blouson en cuir, tout ce que je demandais il le faisait, il me disais de manger, mon pull était beau, il m'allait très bien, des caresses dans le sens du poil, ça n'avait plus beaucoup de sens mais j'aurais tellement aimé que ça en ai encore, qu'il ne soit pas trop tard, que l'on soit encore deux amoureux heureux comme il y a qqes mois. Tout se floutait et pourtant tout était joué, on mélangeait tout, un peu comme son pénis un peu plus tot dans l'après midi. Dans la rue il m'a passé le bras autour des épaule comme si on était encore ensemble, on se tenait la main.
On est restés blottis l'un contre l'autre devant le chateau en attendant que les autres arrivent, je devais accueillir des gens que je ne connaissais pas, avec mes gros yeux tout gonflés, je lui disais oh là là je suis affreuse comme ça et lui il me disait 'mais non tu es belle' et c'était tellement absurde que ça me faisait rire comme une petite fille.
Il m'a accompagnée jusqu'à l'entrée et il a fallu se dire aurevoir, on s'est embrassés une dernière fois, il faut que je les écrive ces mots, 'une dernière fois', il faut au moins que je les écrive, même si je n'arrive pas encore à l'imaginer, que l'on ne va désormais plus se voir, que l'on ne va désormais plus s'embrasser, je n'arrive pas à y croire, on s'embrassait si bien (même si depuis qqes semaines il se laissait moins aller dans ses baisers, comme dans le reste il restait en contrôle), mes yeux se sont embués encore, on s'est séparés et le temps que je tourne la tête il avait disparu dans la foule, je n'ai pas cherché à retrouver sa silhouette au loin, j'ai avancé pour rejoindre les filles qui passaient le contrôle, en tenant de ravaler tant bien que mal mes larmes.
Cinq minutes après, il me laissait un message sur mon répondeur, d'une voix étonnement détachée voire guillerette, pour me dire une information hautement essentielle : une voiture s'était garée devant la mienne mais ne l'avait pas touchée, et puis me souhaiter une bonne soirée, que l'on profite bien du spectacle, que l'on s'émerveille bien les yeux, me dire que pour lui aussi 'c'était difficile', me faire des bisous, un à bientôt, ciao ciao, et le bruissement des bisous dans le combiné. Je n'ai pas bien compris le sens de ce message, je veux dire, ce qu'il apporte à ce stade. Moi je sais juste que je lui ai demandé de m'envoyer une carte du Japon, mais cela lui paraissait de toutes façons évident.
J'ai besoin de prendre de la distance quand je quitte quelqu'un, je ne veux pas le revoir ou entretenir de lien tant que mon deuil n'est pas fait. Il y a les travaux pour mon apart qu'il voulait venir faire chez moi, il a dit qu'il voudrait bien m'aider quand même, mais il va me falloir du temps pour le revoir sans sentiments, sans émotions, je ne sais pas si un jour on pourrait être ami. Aujourd'hui je ne voulais pas le perdre comme amoureux, mais l'amitié c'est loin, c'est trop tôt et il le sait.
Et je n'ai pas envie que mon chagrin passe trop vite non plus, paradoxalement. J'ai envie que cetet histoire reste importante, j'ai envie de sentir J. encore un peu au creux de mon coeur, me sentir l'aimer encore, j'aimerais pouvoir continuer à dire ces mots 'je t'aime', c'était tellement beau. Je sais qu'avec le temps ça passe, et ça aussi c'est dur. Pleurer la séparation c'est violenbt, mais quand les larmes et la douleur s'arrêtent et qu'il ne reste plus qu'un désert sans affect, c'est lourd, c'est triste aussi, je n'ai pas envie de sécheresse. J'aurais aimé rester une oasis avec lui en fait, pas un déluge seule ni un désert seule.
Bande son : le nouveau Gossip 'Heavy Cross'
Humeur : petite accalmie dans les larmes, D. m'a appelée ça m'a apaisée, il savait comme moi que notre relation ne pouvait aller que vers la rupture, ce n'était plus qu'une question de moment, ça m'a fait du bien de lui parler, j'aime son analyse fine et son ouverture d'esprit. Et puis écrire aussi, ça m'a fait du bien, ça aide à faire le ménage dans le coeur et la tête, un peu. D'ailleurs, j'ai aussi un peu fait les vitres de l'appartement, étrange cette envie de nettoyer les vitres qui n'a pas du me venir depuis 20 ans... Et puis j'oscille sinon, par moment envie de baisser les bras et me rouler en boule à tout jamais ds ma caverne et par moment envie de reprendre ma vie en main et faire avancer tout ce que je ne faisais pas avant de le connaitre, je veux dire envie d'utiliser un peu de l'énergie que cette relation m'a permis de renouveler. Et beaucoup d'autres sensations qui s'entrechoquent en moi, par exemple aussi un peu de soulagement d'enfin avoir sauté du wagon, mêlé à l'envie contradictoire de ne pas laisser l'histoire s'en aller
J'ai envie de casser quelque chose, casser ce qui passe sous mes yeux et qui m'énerve, tiens, cette poupée en feuille de maïs qui a trop de poussière dessus, casser tout ce qui est sale ou délabré ici et dont je comptais m'extirper grace à lui : du seul fait de sa présence, du seul fait d'être avec lui, mes angoisses qui avaient disparues, juste parce que j'étais avec lui.
Je ne lui ai pas dit, ça. Je viens de réaliser que je ne peux pas imaginer ma vie sans lui. Jamais ça ne m'était arrivé. Je sais que ça fait cliché à dire ou à écrire, mais c'est comme ça. Je sai qu'avec le temps ça passe, enfin je crois, mais là je ne vois pas comment ça peut passer. C'est la première fois, je crois. Comme c'était la première fois que j'avais envie de dire à quelqu'un que je l'aimais.
On a parlé 2h30. Si c'était quelqu'un d'autre, j'aurais dit ciao il y a longtemps, mais avce lui j'ai voulu poser les problèmes et voir avec lui si on peut travailler ensemble dessus, pour arriver à vivre une vraie relation belle. Sinon il vaut mieux arrêter.
Il maintient qu'il ne veut pas s'impliquer, il ne le dit pas comme ça mais ça veut dire ça : j'ai besoin d'être égoïste, je ne veux pas partir en vacances avec toi, je ne ferai pas d'efforts pour adoucir mon rapport à l'argent. Il n'est pas prêt à s'impliquer de nouveau dans une relation, il est inenvisageable pour lui de faire des projets. Après on se demande pourquoi c'est lui qui m'a parlé d'appartement au début, ou de bébé : moi jamais je n'avais envisagé ça, ça me rebutait même plutôt - mais après qu'il l'ait suggérée plusieurs fois l'idée a germé chez moi tout doucement, pendant que lui se mettait à reculer.
Il dit qu'il regrette son attitude du début, que c'était une erreur, qu'il s'est trop engagé, trop vite, dans la relation. Qu'il s'en voudra toute sa vie de m'avoir emmenée avec lui dans le sud chez ses parents après un mois de relation - pourtant je lui avais bien dit qu'il allait trop vite, mais il ne voulait rien entendre. Il 's'en voudra toute sa vie' : bon, et moi j'écoute ça, ça fait plaisir tu te doutes, j'encaisse.
Il a besoin d'une journée pour peser, pour réfléchir. 'T'as déjà passé une semaine à réfléchir en mars, on en est au même point aujourd'hui, tu devrais être capable de savoir si oui ou non tu es prêt à faire les efforts pour vivre une jolie relation ou si tu veux rester tel que tu es, y'a pas besoin de réflechir 107 ans'. 'Je ne veux pas pleurer aujourd'hui' - 'ah tu préfères pleurer demain c'est ça ?' - 'je ne veux plus pleurer, plus pleurer pour ces histoires-là' (comme si ça n'en valait pas la peine).
J'ai accepté pourtant qu'il prenne sa journée de reflexion : j'etais trop faible pour admettre d'arrêter notre relation aujourd'hui - même si je ne vois aucune autre issue. Tant qu'une décision n'est pas prise, on garde l'espoir - on est faible, oui, et je suis 'on'.
Je vois bien qu'en une journée il ne va pas avoir envie de s'impliquer dans la relation. Surtout après ce qu'il a dit, il ne semble pas prêt à faire les efforts aujourd'hui pour s'investir. Et à côté de ça, il dit qu'il ne veut pas me perdre, qu'il a compris que si on arrête, il me perdra pour toujours, il sait que je ne ferai pas comme ses ex, que j'irai pas au cinéma tous les 15 jours avec lui. C'est ça qu'il pèse, mais ça pèsera jamais assez lourd pour quelqu'un pour qui la perspective de s'engager l'expose à investir de lui-même, de la confiance, l'expose à remettre en jeu sa propre sécurité affective.
Je ne voulais pas tenter de l'influencer, je le laisse faire. Mais c'est violent. Je sais qu'il n'y a pas d'issue autre que la rupture, il n'est clairement pas prêt à s'impliquer (avec moi). Je ne sais pas si je n'étais pas la bonne personne, ou si ce n'était pas le bon moment. Mais les faits sont là, et la conclusion ne va pas tarder à s'imposer. Je sais que j'aurais sans doute dû lui dire 'tu ne veux pas t'impliquer alors dégage', je vois bien que sur la balance j'ai donné beaucoup de moi, et lui beaucoup moins. Mais je ne suis sans doute pas assez cimentée en dedans, et j'ai eu la faiblesse d'espèrer.
C'est juste que je n'ai plus envie de rien, je n'ai plus envie d'exister pour quiconque. Je me doute que c'est pas très équilibré comme façon de voir les choses, mais c'est ainsi. Je ne crois pas à d'autres rencontres, je n'y crois plus, il y a toujours quelque chose de vicié, lui je voulais rester avec lui. Lui c'était l'unintended. J'ai admis d'avoir confiance, j'ai admis d'ouvrir mon coeur et laisser les sentiments couler, et c'était la première fois. Après lui je ne vois pas.
La relation avait pris une tournure qui ne me convenait pas et c'est pour ça que j'ai tiré la sonnette d'alarme, j'ai même été trop patiente sans doute. Je sais que j'ai eu raison de réagir, que c'était 'quitte ou double' mais vu la configuration, ça va être 'quitte' et je sais que c'est forcément mieux que continuer sur la pente où l'on est actuellement. Je le sais bien tout ça, mais je n'imagine pas ma vie sans lui.
C'était la première fois où je me projetais avec quelqu'un, où je ne pensais pas 'au jour le jour', la première fois où je me stabilisais ainsi - apparemment pendant que lui continuait à perdre pieds. Pour moi c'était le bon moment, je crois que c'était la bonne personne aussi. Et pour lui apparemment pas - même s'il dit qu'il ne veut pas me perdre et que c'est pour ça qu'il a besoin de réflechir jusqu'à demain. Mais ils l'ont presque tous dit qu'ils ne voulaient pas me perdre, et puis ils m'ont laissée filer quand même.
Il ne va rien se passer entre aujourd'hui et demain - prends-la, la nuit pour réfléchir si tu veux, je préfère autant ne pas entendre la décision aujourd'hui, c'est faible de ma part, je sais, mais c'est déjà moi qui ai dû susciter cette discussion, la mener, poser les problèmes, chercher si on pouvait démèler à deux, c'est moi qui ai remué le camboui, alors je peux bien avoir la faiblesse d'attendre demain pour admettre qu'on va devoir arrêter.
Demain il va me dire qu'on arrête pour ne plus me faire souffrir, parce qu'il veut tout sauf me faire souffrir et moi j'aurai des larmes qui ruissellent sur les joues et on raccrochera en se disant 'je t'embrasse'.
Je ne veux pas ça, mais je ne vois pas quoi d'autre. Sans doute que dans quelques temps je me rappelerai cette relation en me demandant pourquoi j'ai accepté tout ça, mais aujourd'hui non aujourd'hui je tiens à lui. C'est en lui que j'ai voulu croire et c'est ça que je vais devoir abandonner. Ca fait mal. Je voudrais rester avec lui tout le temps.
Bande son : mon nez qui renifle et qqes sanglost ici ou là Humeur : le pire est à venir, je prédis une semaine affreuse - et ce pull en cashmere que je lui ai acheté pour son anniversaire - c'est demain - putain j'en fais quoi ?
Je me remets à écrire. Je crois que ce n'est pas bon signe. Surtout les larmes dans les yeux.
Je ne sais pas. C'est pour ça que j'écris. Je crois qu'au fond je sais, mais je n'arrive pas à y voir clair. Je n'ai pas envie que ce soit ce qu'il y a tout au fond derrière.
Je n'ai plus envie d'être seule à nouveau. Je n'ai plus envie de la nuit. J'avais envie de construire et avec lui. Mais au fil des jours, je vois que rien ne se crée. au fil des jours, je me demande si je ne me suis pas perdue de vue.
Ce soir je l'ai rappelé après qu'on se soit dit au revoir sur le quai de la gare en s'embrassant. 45 minutes il m'a fallu pour cheminer dans ma tête. Je l'a appelé je lui ai dit qu'on ne pouvait pas se voir demain, qu'après ça, j'avais besoin de prendre de la distance.
Je peux faire une liste et ça c'est moche. Tu vois, j'ai beaucoup pris sur moi, je faisais qqes remarques ici ou là et c'etait parfois suivi d'effet et souvent non et j'étais l'emblême de la tolérance. Toujours pratique celle à qui on peut tout dire. Mais je ne suis pas ton pote tu sais ?
C'est le premier homme à qui j'avais eu envie de dire 'je t'aime' et j'ai dû me retenir parce que lui il se retenait pour tout, même quand on fait l'amour il se retient et va pas jusqu'au bout, ce serait pourtant tellement bien si on pouvait finir ce qu'il fait tellement bien. J'ai été patiente, tu sais, mais au bout de cinq mois, après avoir tenté la pression ou la souplesse, l'indifférence ou les compliments, je vois bien que ça n'a pas avancé.
J'adore sa personne, on s'entend tellement bien, nos cérébralités, nos tendresses. Mais on n'a pas avancé dans la relation. Cinq mois plus tard on en est au même point. Je voudrais plus de partage, plus de moments partagés, des sorties, des vacances à deux, des week-ends ensemble, faire évoluer la relation au delà de 'tu viens chez moi' et 'je viens chez toi'.
Mais comment faire avec quelqu'un qui compte ses sous au moindre euro, pour qui toute sortie - ne serait-ce qu'aller boire un verre en terrasse au soleil un dimanche après midi - revient pour lui à calculer la somme qu'il va devoir dépenser 'inutilement' alors qu'il a de l'eau fraiche chez lui. On ne sort quasiment jamais sauf éventuellement les restos qui acceptent les tickets restaurants ou les soirées de mes amis où il va pouvoir arriver les mains vides (tandis que je me charge du reste). C'est moi qui dot l'appeler, parce qu'il a résilié son abonnement internet et qu'il ne lui reste que la ligne téléphonique que son ex paye puisqu'elle a oublié de la résilier, même s'il ne passe pas d'appel, puisque c'est moi qui le rappelle à chaque fois qu'il demande en m'appeleant sur le portable - pourquoi j'ai accepté jusqu'à maintenant ? parce que j'amasi discuter avec lui, que j'aime discuter avec lui, que le temps que je passe au téléphone avec lui c'est du temps passé *avec lui* et que c'était ça qui comptait pour moi.
Mais ce n'est pas équilibré, dans un couple on devrait partager, être à égalité. Moi je m'investis - en temps, en argent, en sentiments, en implication, en projets -, l'équilibre voudrait qu'il ait fait de même, mais à part le temps et la tendresse je ne vois pas ce qu'il a investi.
Je ne vois pas comment je peux envisager un avenir avec lui dans ces conditions, avec un tel rapport à l'argent qui schlérose tout, qui nous empêche d'envisager la moindre sortie ou même la perspective d'aller acheter le diner ensemble, puisque constamment se pose le problème de l'argent. Pour quelqu'un qui gagne très bien sa vie, bien mieux que moi, c'est ahurissant C'est le Père Grandet, et plus il a de l'argent et moins il le dépense, toute se vie tourne autour de ça : grapiller ici et là. Mettre 4h pour aller en normandie au lieu de 2h pour économiser le prix du péage. Aller à un cocktail pro et revenir avec 100g de chocolat dans les poches. La honte. 'Mes ex m'ont accepté comme ça'. Apparemment pas : puisque c'est avec moi qu'il est aujourd'hui.
Enfin bon, façon de parler, quand tu considères la relation ambigue qu'il a avec son ex. Tu trouves ça normal de voir son ex tous les 15 jours alors que ça fait un an qu'ils sont séparés, d'aller au cinéma avec elle 'et de n'arriver qu'à minuit chez moi qd la séance finissait à 22h30 ?), de répondre à ses textos aussitot (tu trouves ça normal, d'ailleurs, qu'elle lui envoie autant de textos ?) (remarque, oui, tu me diras, tant qu'il répond au garde-à-vous...). C'est une chose qu'elle, elle ne veuille pas 'céder sa place' et ne rate pas une occasion de se rappeler à son bon souvenir dès qu'elle peut s'immiscer dans notre relation, mais c'est à lui de mettre les points sur les i. Quand on veut couper les ponts, quand on le veut vraiment, c'est pas compliqué de le faire comprendre à l'autre, et ça ne veut pas dire qu'on sera en mauvais termes, mais juste que chacun réintègre sa vie. Encore faudrait-il qu'il soit au clair avec tout ça - ce qui n'est pas le cas malgré tout ce qu'il a pu dire.
Et tu trouves ça normal qu'il pénêtre sur mon ordinateur ? Qu'il s'en serve sans m'en avoir demandé l'autorisation avant ? Qu'il arrive à entrer sur l'un de mes comptes protégés par un mot de passe ? Tu as dû constater que je n'avais rien à cacher, mais tu n'avais pas à faire ça, ça ne se fait pas. Si tu n'avais pas confiance, tu pouvais me demander, je t'aurais éventuellement montré pour te rassurer, mais ce que tu as fait ça ne se fait pas. au début je n'avais pas réagi avec véhémence parce que je n'ai rien devant être dissimulé, parce que je suis honnête et transparente. Mais j'ai réfléchi et sur le principe ça ne se fait pas. Quelle confiance a-t-il en moi ? (la même que lorsqu'il m'a suggéré d'emporter des capotes qd je suis partie seule en vacances, sans doute) Et quelle confiance puis-je désormais avoir en lui ? Je crois qu'avec ça, il est allé trop loin. je peux comprendre qu'il ait besoin de se rassurer, je pourrais dans l'absolu l'excuser, mais je ne dois pas faire abstraction de ce qui est sain comme environnement pour que ma confiance puisse ouvrir ses ailes.
Voilà, ça en fera encore un qui va se frotter les mains quand la relation finira et 1 mois après il se dira 'putain j'ai été con, j'ai merdé, elle était pas si mal la petite Topaze'.
Moi j'ai beaucoup pris sur moi, j'avais envie que ça marche, j'avais envioe de stabilité. J'ai pas envie d'arrêter. J'ai pas envie de repartir sur la route avec mon baluchon à l'aventure. J'avais envie de fonder quelque chose avec lui. Parce que c'est ce qu'il m'avait laissé entendre, que c'etait ce qu'il voulait. Mais il y a les mots et il y a les actes. Et 1 mois et demi après il m'annonçait qu'il ne me donnait aucune garantie, qu'il ne savait pas où il allait et qu'il ne savait pas s'il était amoureux. J'ai accepté de reprendre dans ces conditions, même si j'ai mis longtemps en cherchant ma confiance, elle est revenue tout doucement, des plumes en moins. Et auijourd'hui je me rends compte que non, que si les choses ne sont pas là, il ne faut pas espèrer.
Il y a eu des actes symboliques, des moments qui m'ont marquée. Depuis quelques temps, j'avais l'impression qu'il tenait un peu plus à moi, il est certes parti en vacances seul, mais il m'appelait (sur la ligne téléphonique de ses parents, rassures-toi, c'est pas lui qui payait) tous les soirs, 2 à 3 heures. Il m'avait proposé de m'aider à refaire ma salle de bain qui tombe en décrêpitude - j'étais enchantée, même si on a encore rien fait il m'a aaccompagnée chez Casto et m'a montré ce qui peut se faire. Il y a eu ce soir de la semaine dernière où il m'a rejointe en pleine nuit, sur une impulsion, par le dernier train de nuit. Il y avait sa tendresse, ses baisers, ses gestes doux, ses caresses, ce qu'il faisait pour me faire plaisir, des petits riens, se raser parce que je préfère, porter mon sac, et puis le confort de notre relation. Apprendre à connaitre quelqu'un jour près jour, le découvrir, avoir des points de repère, avoir un repaire.
C'est ce confort affectif, ces repères, cette bulle, que je ne veux pas laisser. C'est ce qui me manquait depuis si longtemps. tu as vu tout ce que je peux accepter pour trouver ce qui me manque ? Au début j'ai été amoureuse pour de vrai. Mais depuis ?
Ce soir, je lui ai juste dit que je ne peux pas le voir demain, que j'ai besoin de laisser pauser. Un peu plus loin dans la discussion, je lui ai demandé quelles affaires j'ai laissé chez lui, il a repondu 'ouch... c'est rude' - il a entendu les sous-entendus. Cette question c'est vrai que je me la posais, si j'arrêtais aujourd'hui, comment ça se règle ? Mais je n'ai pas encore décidé d'arrêter. Ce n'est même pas une pause dans la relation (ou c'en est une mais je ne le formule pas ainsi), c'est juste que là ça fait trop, au vu des derniers évênements c'est pas possible pour moi de le voir demain, je veux bien qu'on se parle au téléphone, mais je peux pas le voir demain.
On a raccroché sans que je fasse de bisous, je ne sais pas s'il en aurait fait, je ne lui en ai pas laissé le temps.
C'est son anniversaire dans 2 jours. Je lui ai acheté un beau pull en cashemire. Il était cher, mais j'avais envie de lui faire ce cadeau. Même si lui est regardant à la dépense, je m'en fichais, ça me faisait tellemnt plaisir de lui faire plaisir. Du coup je ne sais plus. J'aurais envie de croire que dans la vie tout s'arrange toujorus comme dans un épisode de sitcoms, que après la pluie le beau temps. Mais des fois on arrive à un point de non-retour. Je ne sais pas pourquoi c'est tuojuors moi qui encaisse, pourquoi j'accepte toujours (volontairement ou non) d'entrer dans ce role de celle qui encaisse, pourquoi je reproduis ce putain de schema de sacrifice. J'aime rendre les gens heureux, mais je ne devrais pas accepter de le faire à mon détriment.
Et puis je voudrais à nouveau être amoureuse - de lui. Je voudrais avoir l'espoir à nouveau de pouvoir vivre quelque chose avec lui, construire un futur, recréer un équilibre. C'était nouveau pour moi : j'avais envie de me projeter. Je n'ai pas envie de recommencer ça avec cinquante douze personnes, je ne crois plus aux nouvelles rencontres, j'avais trouvé un personne qui m'allait et je n'ai croisé personne depuis avec qui j'aurais voulu être. Je ne mettais pas en doute ce que je ressentais pour lui, c'est le fonctionnement de notre relation qui ne va pas. Je ne sais pas si je me perds avec lui ou si je devrais persévérer et y croire.
Bande son : rien, je n'écoute plus autant de musique - mais celel qui m'irait bien, et qui me résume peut-etre un peu aussi, c'est la chanson de brassens 'le petit cheval dans le mauvais temps' humeur : larmes et un peu mal de tête
Est-ce que je me les serais posées, toutes ces questions, s'il ne m'avait pas fait son Dimanche il y a 15 jours ? Je ne sais pas, mais je me pose des questions qui n'existaient pas avant, j'ai envie de fuir, je repère des blocages potentiels, j'ai peur que l'on se découvre des différences rédhibitoires.
J'ai l'impression à mon tour que l'on ne va nulle part, l'impression que l'on n'a pas les mêmes envies, que l'on n'a pas de points communs, si ce n'est que l'on s'entend bien.
Je ne sais pas, je devrais me dire que l'essentiel c'est d'être bien ensemble et que peu importe où l'on va du moment que l'on y va ensemble : ça avait toujours été ma vision des choses pour une relation. Mais là, depuis quelques jours je vois les choses autrement, est-ce que c'est parce que j'ai changé ou bien est-ce lui qui m'a insufflé ses critères, ses hésitations depuis la pause ?
C'est dommage, c'est au moment où je prends de l'aisance dans la relation, où je prends de la hauteur par rapport à mes inquiètudes, que je commence à douter des chabces de survie de la relation.
Je me mets à regarder au loin, ce que je n'avais jamais fait auparavant. Je me mets à me demander ce qu'on a comme projets communs (moi qui n'ai jamais eu de projet sinon celui de découvrir chaque jour ce que la vie réserve), ce que l'on a comme envies communes.
Je discute avec lui de mon voyage aux maldives. Il a émis il y a longtemps l'idée qu'il aurait aimé m'accompagner, l'idée que c'est un endroit où il aimerait aller 'un jour'.
Puis je découvre désormais que c'est loin de ses envies, il parle d'aventure, il dénigre ce qui me séduit dans mes voyages. Je suis déçue, j'ai l'impression que c'est un fossé qui se creuse d'un coup entre nous, que c'est une différence de modes de vie, de façons d'appréhender la vie, j'ai l'impression qu'on est loin loin loin.
Comme lundi quand il parlait de son envie de partir à l'aventure sur un continent et que je me sentais tellement loin de ce genre de projet, exclue.
Voilà, j'ai l'impression d'être exclue, c'est ça le mot.
Est-ce que c'est de ma tête que ça germe ? Est-ce que c'est une variante de ma peur de l'abandon qui surgit sous une autre forme ? Ou au contraire est-ce que c'est grave de ne pas avoir les mêmes envies en termes de vacances ? Et quand je pense à son projet de repartir habiter dans le sud, ça n'est pas fait pour combler la crevasse qui est e train d'apparaitre à mes yeux.
Je me demande ce qui nous lie. J'ai cru que bien s'entendre, être heureux l'un avec l'autre, ça suffisait. Depuis qu'on a fait cette pause, je me mets à intégrer de nouveaux paramètres dans ma phobie de l'abandon, ces craintes qu'il a exprimées quant à savoir où il allait, où on allait.
Et pourtant je pourrais rester toujours avec lui, parce que je suis bien quand je suis avec lui. Enfin, je suis bien quand je ne suis pas polluée par toutes ces questions. Je suis bien quand on est statiques ou que l'on tend vers la même chose. Partir sur la Coté d'Azur en mars, c'était son projet, je le suivais, ça me plaisiat, on tendait vers la même chose. Là, vers quoi on tend ? Je ne sais pas, j'ai peur que l'on soit en train de errer.
Et pourtant je tiens à lui, j'aime penser à lui, je suis bien avec lui, j'aime quand il m'appelle ou quand c'est moi qui l'appelle (et qu'il m'annonce que ça lui fait plaisir que je l'appelle), je n'aime pas quand il est loin.
Tu sais que j'ai réalisé pourquoi je ne me magne pas à réserver mon voyage : tout simplement parce que je n'ai pas envie d'être loin de lui. Je n'ai pas envie d'y aller sans lui aux maldives. Evidemment je ne peux pas lui dire. Je ne sais pas quoi faire, je n'ai pas envie de perdre cette occasion d'y aller, mais émotionnellement parlant, je n'ai pas envie d'y partir, j'ai envie de rester près de lui.
Je ne suis pas fière de moi depuis que j'ai découvert ça. Je me demande si ça le fait chier que je parte loin sans lui. J'aurais aimé qu'il me propose des vacances tous les deux, n'importe où mais tous les deux. Je lui avais suggéré, que l'on pouvait trouver une destination où partir tous les deux, il n'a pas relevé. En fait, moi je m'en fous presque de là où je pars, si je suis avec lui.
Je ne sais pas si c'est bien, ce mouvement qui se passe en moi, de faire abstraction de certaines choses au profit de la relation, au profit de ce que je vis avec lui. Je me dis que c'est bon signe de faire des concessions sur certains plaisirs solitaires afin de vivre quelque chose à deux. Je me dis que c'est négatif d'oublier ses envies propres au profit de celles de l'autre. Alors : pour ou contre ?
Que faire quand ma véritable envie est simplement d'être avec lui, et que mon envie de partir aux maldives n'a de sens que lorsque je suis célibataire ?
Je n'ai pas aimé notre discussion de ce soir, on n'était pas d'accord, on ne se comprenait pas bien, on n'avait pas les mêmes envies et il ne faisait rien pour lisser nos différences, au contraire, il les accentuait, il faisait l'aveugle sur notre entente et nos points de rapprochement, par exemple quand on a parlé de sexualité, ou de certains amis.
Ce soir je ne me sentais plus sa protégée, sa préférée, c'est imperceptible mais après analyse je vois que c'est là mon ressenti, et puis cette désagréable sensation de découvrir que l'on ne tend pas vers la même chose et que, si moi j'ai envie d'adapter ma trajectoire (forcément, vu l'inexistance concrete de mes projets !), lui ne semble plus en avoir envie, alors qu'au début de notre relation c'était tout l'inverse.
J'ai envie de l'appeler là, j'ai envie de courir me blottir dans ses bras, j'ai envie qu'il me console, qu'il apaise mes peurs par sa simple présence.
Et en même temps j'ai envie de courir dans l'autre sens, fuir la relation et sa part infinie d'inconnu, admettre dès aujourd'hui que cette relation est vaine, ne pas risquer de me prendre dans 15 jours un mur que je perçois aujourd'hui. Même si je me dis en même temps que ce que je prends pour un mur n'est peut-etre qu'un rideau.
J'ai envie qu'on soit bien ensemble et qu'on ait envie d'aller dans le même sens, envie que l'on ait une direction commune, un point de rapprochement stable.
Est-ce que c'est un détail cette histoire de vacances et le ressenti que j'en tire, ou est-ce que c'est un signe révèlateur ?
C'est fatiguant tout ça, ces questionnements, ces mouvements dans un sens puis dans l'autre, que ce soit dans ma tête ou dans la sienne, et donc dans la fiabilité de notre relation. Ce n'était pas comme ça au début, quand les choses étaient évidentes, quand il courait vers moi et était prêt à tout pour vivre notre relation.
Hier il signifiait la différence depuis qu'il m'a rencontrée, j'aimais bien l'entendre dire 'avant de te rencontrer', comme s'il y avait un 'avant topaze' et un 'après topaze', ou quand il terminait une discussion sur son incompréhension des mecs qui sortent avec des filles qui ne leur plaisent pas vraiment et qu'il concluait avec un 'de toutes façons, toi tu me plais'.
Aujourd'hui je me disais que je tenais à lui, que j'avais beaucoup de chance de l'avoir rencontré et vivre ce que je vis avec lui, ce soir je me disais que c'est quelqu'un d'exceptionnel.
Ce soir c'est moi qui l'ai appelé, c'est rare que j'appelle mais là je ne doutais pas, ça venait naturellement, j'avais envie que ce soit moi qui appelle. Sa voix riait au téléphone quand il a décroché et a entendu que c'était moi, ça m'a fait du bien, c'était bon.
Et ensuite, plouf, il n'a pas compris ce que je disais sur un suejt, je n'ai pas saisi ce qu'il disait sur un autre sujet, il a posé des différences, il a réfuté mes gouts de vacances, j'ai réfuté les siens - sans doute parce que j'avais envie de le convaincre.
Et voilà, maintenant, je doute de tout, je lui en veux de ne pas chercher à voir comment on pourrait rassembler nos envies, faire quelque chose à deux, qui nous tienne à coeur (qui nous tienne le coeur) à tous les deux, et d'autant plus que je suis déçue qu'on ait été ni légers, ni en osmose.
Je comprends qu'il s'agit (peut-etre) pour lui de ne pas faire de projet avec moi (alors que moi j'ai conçu mon voyage seule mais j'ai fait comprendre que j'étais prête à en changer la configuration ou la destination pour faire quelque chose à deux), je comprends qu'on est finalement dans la lignée de ce qu'il m'avait annoncé à l'issue de sa pause : 'je ne te donne pas de garanties'.
Est-ce que l'on en a des fois des garanties ? Non je ne crois pas, toute garantie en matière d'amour ou de sentiments et rétractable. En revanche ça ne devrait pas empêcher de vivre les choses.
Mais peut-etre que je vais trop vite avec mes histoires de vacances et d'envies à deux ? En même temps c'est lui qui a voulu partir sur la Cote d'Azur ensemble alors qu'on n'avait commencé à sortir ensemble que depuis 7 jours (il avait même émis l'idée avant même que l'on s'embrasse). Et puis est-ce aller trop vite que de ne pas trouver dans quelle direction on aimerait aller ensemble ?
Peut-etre aussi que je me pose des questions qui n'ont pas lieu d'être, juste parce qu'il était fatigué ce soir donc moins lisse.
Je n'aime pas quand on est pas d'accord sur les choses, quand on ne va pas das le même sens, même sans aller de parler des projets ou des envies, simplement ne pas se rencontrer quand on émet un avis. Je n'aime pas quand je perçois un fossé entre nous, quand on n'est pas sur la même longueur d'onde. J'aime quand on est d'accord, quand on s'accorde, quand les choses sont fluides entre nous. Pff, je te vois sourire en te disant que Topaze décuvre qu'une relation ce n'est pas la fusion - oui certes, on ne peut pas ne faire qu'un, mais il n'empêceh que nos divergences me minent et m'effraient.
J'ai envie qu'il me demande quand on se voit, qu'il me dise qu'il a envie de me voir. J'ai envie qu'on aille au restaurant ou autre sortie ensemble. J'ai envie que l'on fasse des choses à deux (pas seulement rester dans son appart aussi joli soit-il), comme dimanche dernier quand il a proposé que l'on aille ensemble à la soirée : pour moi ça avait de l'importance.
Et puis j'étais émue, lundi soir, quand il m'a appelée inquiet parce qu'il avait peur qu'il me soit arrivé un truc sur la route, qu'il a appelé au moment où je doutais, où je me sentais en trop, où j'avais peur d'être abandonnée sur le bord du chemin : ça m'a rassurée.
Je sais bien que ne devrait tenir qu'à moi de refuser ce schema d'abandon, décider que moi aussi je suis maitre du jeu et qu'il est en mon pouvoir de décider ce que je veux comme relation ou ne veux pas. Mais je doute tellement de moi-même, je me trouve tellement pas parfaite, je vois tellement tout ce qui peut déplaire chez moi, je suis tellement insatisfaite de mes attitudes, je me place la barre tellement haut. Alors qu'il devrait s'agir simplement de vivre, vivre les choses comme elles viennent et comme j'ai envie de les vivre. Sauf que c'est un discours rationnel qui peut parfaitement sortir de ma bouche sans pour autant entrer dans mes oreilles.
Ce soir je doute. Il n'y avait pas grand chose à y faire à part écrire pour faire le tour de mes idées. Ca va un petit peu mieux, mais je préférais cet après midi quand mes idées gambadaient joliment.
Je vais continuer en fermant les yeux, ne pas aller plus vite que la machine, tenter de canaliser mes doutes (a defaut de les faire taire), tenter d'avoir plus confiance en ce que je peux vivre.
Bande son : Creedence Clearwater Revival - Fortunate son Humeur : pff, en plus, j'ai quasi rien fait de ce que je voulais faire ce soir et ça me saoule
On a décidé de continuer ensemble (avec quelques 'mais' des deux côtés), mais mon mal de coeur ne passe pas.
Je n'arrive plus à manger, tout ou presque me donne la nausée. Lui aussi a remarqué que j'ai maigri. Quand je suis avec quelqu'un, ça va, je mange sans problème, surtout quand je suis avec lui ça (se) passe bien, mais dès qu'il faut manger seule, je n'ai pas le goût, quand ce n'est pas la nausée.
On a repris ensemble mais mes angoisses d'abandon ont elles aussi repris avec moi. Les fantômes qu'il avait fait taire, sans rien faire, juste par sa présence, ont recommencé à rôder.
Je le rejoignais samedi soir après ma soirée, je pensais repartir le dimanche après midi, je ne suis partie que le lundi soir. On était bien ensemble, j'étais bien avec lui.
Je lui ai caché des oeufs de paques partout dans son salon, il les trouvait et je faisais des cot-cot-cot-codek. On a fait l'amour plusieurs fois dimanche, c'était bien, il a dit qu'il était dispensé de jogging après ça, j'ai approuvé. J'ai aussi beaucoup dormi, je crois 11 heures en tout, on a refait l'amour le soir, je pensais que j'allais rentrer chez moi et puis on a diné ensemble, c'est lui qui a proposé qu'on aille ensemble à la soirée, moi je pensais encore rentrer chez moi, mais j'ai eu envie qu'on continue ensemble. On est arrivés main dans la main, c'était bien.
C'est aussi lui qui a proposé qu'on regarde un film en rentrant en pleine nuit, on aime bien ts les deux les jamesbond girls. Je m'étais endormie devant la télé, allongée avec la tête sur son ventre, en tenant son sexe dans ma main, contre ma joue, après l'avoir embrassé longtemps. C'est lui qui a proposé que je reste dormir, j'ai hésité, mais il était 3h30 du matin, je venais de me réveiller, j'avais envie de dormir, je suis restée.
Pourtant j'aurais voulu m'éclipser, être une comète, je ne voulais pas être pesante, tu comprends je suis partie du principe que l'on reprend notre relation en douceur, je voulais y aller sur une base light, ne pas se voir trop - pour le coup c'est raté, on vient de passer 2 jours et demi l'un sur l'autre, je ne savais pas quand il aurait été bon que je m'en aille, lui n'a rien dir, moi je ne sais jamais quand il est judicieux de partir, je préfère partir trop tôt que trrop tard, mais là je en savais pas quand c'était trop tard, et je n'ai pas eu envie de partir trop tôt. J'aurais eu envie de rester dans cette bulle.
Alors, avec ma petite tête cérébrale, on avait dit que je repartirais lundi vers 13h ou 14h après une longue grasse matinée. C'est ce que j'aurais voulu, ne pas m'attarder, ne pas m'apesantir, être un courant d'air, tu sais, ne pas déranger, ne pas être intrusive, j'ai très peur de ça.
Et puis au fond, sans doute que je n'avais pas envie de partir, je n'ai pas eu la volonté, il a commencé à faire un gateau, j'aurais pu partir, il n'a ps demandé à ce que je reste mais il n'a pas de mandé à ce que je parte, ma cérébralité s'est trouvée bien faible, je n'ai ps réussi à prendre la décision et le laisser pétrir sa pate à gateau tranquillement, je suis restée pour gouter le gateau. Ensuite on a fait un long calin, je disais que j'allasi partir mais il ne bronchait pas, alors moi non plus, tu parles, j'étais bien dans ses bras, j'étais bien loin du 'reste' et près de lui, on discutait, doucement.
Il a parlé de son envie actuelle departir à l'aventure explorer un pays ou un continent, plusieurs mois. Je me suis sentie handicapée. Ce sont des rêves que je ne peux plus avoir. Je suis une chochotte, j'ai trop à faire à panser les blessure que la vie m'a faites, je n'ai pas de force à cnsacrer ce genre de projet, le seul projet que je peux avoir c'est de construire ma forteresse et d'apprendre à baisser le pont-levis quand quelqu'un comme lui s'approche.
D'ailleurs au fond je me demande à qui peut plaire mon monde intérieur, mes fantômes et mes démons, la créativité et l'imagination qui en naissent sont-ils suffisamment attrayants pour séduire et donner envie à quelqu'un d'y rester ?
Je crains de n'être qu'une énigme pour autrui, une énigme qui défie l'entendement, une énigme à découvrir, mais ensuite ? Lui il dit que je suis une chimère, ça nous amuse quand il dit que les femmes sont des chimères, mais je sens bien la mesure de l'applicabilité de cette notion à ma personnalité.
Bref, il évoquait son projet et j'aurais voulu pouvoir avoir les mêmes et j'ai vu toutes mes peurs et mes angoisses qui défilaient devant mes yeux en procession, je me suis dit qu'avec lui je n'aurais pas peur, je me suis dit que je ne voulais pas déposer mes peurs sur ses épaules, je ne veux pas être son fardeau, alors un projet comme ça, je ne pourrais jamais être à la hauteur. J'ai senti une chaleur dans ma gorge et une larme est montée.
Cette larme est montée et il l'a vue. Il ne comprenait pas, il a cru qu'il avait dit quelque chose qu'il ne fallait pas, quelque chose qui faisait écho. 'C'est juste une analogie, une association d'idée, ce n'est rien, regarde c'est passé'.
Je ne veux pas étaler mes problèmes, mes soufffrances, mes carences, ce monde lugubre peuplé de fantomes, je ne veux pas qu'ils viennet salir ma jolie relation. Et pourtant je ne sais plus comment faire pour garder le rideau baissé, plus on devient proches et plus je sens qu'il va falloir révéler ce qu'il y a derrière ma joie de vivre, d'où je la puise.
J'ai peur de ne pas pouvoir être à la hauteur, de ne pas pouvoir voler à la même hauteur que lui, avec mon passé qui pèse lourd, tout ce dont je ne me délesterai plus, tout ce que j'ai appris à porter et dont je sais que je dois désormais faire avec.
J'ai fini par partir. Je ne sais plus comment ça a surgi de ma bouche mais j'ai même proposé qu'il vienne dormir à la maison. Je m'en suis voulue : j'ai eu l'impression de vouloir trop, d'être trop là, de lui iposer une dépendance, exactement l'inverse de la légèretyé que j'avais à l'esprit au début du week-end. Il n'a pas eu l'air de penser la même chose, mais moi je l'ai pensé et cela suffi à me donner le sentiment d'être intrusive, de prendre trop de place.
Je me doute que le problème est peut-etre simplement dans ma tête, dans ma perception de la situation, mais moi je ne sais pas le juste milieu, moi je suis bien avec lui alors j'ai envie de rester avec lui, et pourtant je suis bien quand je traine seule avec mes démons chez moi, alors je pourrais aussi bien rester loin de lui et du monde. Tu sais bien, c'est toujours la même chose, je suis toujours en voyage entre deux mondes, je ne sais jamais ce qui est équilibré et ce qui ne l'est pas, je ne sais pas doser.
Alors j'ai eu envie de fuir. Après qu'il m'ait raccompagnée là où j'étais garée et m'ait embrassée longtemps avant que je m'en aille, j'ai démarrée dans un sourire, et quelques centaines de mètres plus loin, les larmes montaient.
Je roulais sur le périph et je me disais que je voulais moi aussi faire une pause, ne pas s'appelr quelques jours (sans doute pour compenser le trop de presenc que je crois avoir imposé , prendre de la distance moi-aussi. Je me disais que je m'aproche trop près, que je me fais peur à me laisser inviter autant dans sa vie - mon doute venant principalement du fait que je n'arrive pas à savoir si c'est lui qui m'invite dans sa vie dans l'absolu, ou moi qui me fais inviter, implicitement, juste en me posant là, en véhiculant inconsciemment et silencieusement un besoin d'être adoptée.
J'ai tellement peur de déposer des trucs trop lourds sur ses épaules j'ai tellement peur de prendre trop de place, de déranger : j'a eu envie de m'enfuir à toutes jambes, ne surtout pas gêner.
Depuis qu'il m'a fait le coup de Dimanche, depuis qu'il s'est posé des questions, depuis qu'il a douté, depuis que j'ai senti concreteent que tout entre nous pouvait s'arreter du jour au lendemain, de façon absurde, depuis que cette crainte que j'avais enterrée grace à lui et été réveillée par ses hésitations subites, depuis ça, c'est moi qui me mets à me poser ls questions, mes doutes qui s'étaient assoupis s'étirent et testent leurs griffes.
Je suis rentrée chez moi, j'étais mal, tu sais. J'ai retrouvé mes problèmes sur la table de la cuisine, les paperasses qui ne font pas sourciller le commun des mortels mais qui me pétrifient, les pots de danette que j'arrive péniblement à finir, la poussière qui s'additionne sur les étagères, sur la moquette, dans les coins, sur les milieux, le mobilier décrépi, l'électroménager cassé...
J'ai décidé de laver les rideaux, peut-etre pour en chasser les fantômes, peut-etre pour qu'ils redeviennent blancs, sans doute pour gagner en lumière.
Je me faisais couler un bain, j'apaisais doucement mes peurs, je réintégrais mon antre et le téléphone a sonné. C'était lui. Ca faisait 4 fois qu'il tentait de me joindre qu'il a dit, il était fou d'inquiètude, il m'a annoncé (en semi-rigolant) qu'il avait même songé à faire mon trajet sur le périph pour voir si je n'avais pas eu un accident sur la route. En fait il avait juste appelé pour savoir si j'étais bien rentrée, et j'avais pas répondu.
C'était mignon, j'étais désolée de lui avoir involontairement fait peur, je l'ai trouvé touchant, et puis ça m'a rassurée : c'est quand il fait des choses comme ça que ça me rassure sur ma place auprès de lui. Ou quand il me regarde et, gratuitement, laisse échapper un 'tu es belle'. Ou quand, comme vendredi soir, il m'appelle en se réveillant en plein nuit parce qu'il s'est endormi devant la télé et réalise qu'il a oublié de m'appeler ce soir-là.
Bande son : euh rien ce soir Humeur : je vais me coucher, j'ai passé la journée à lutter contre moi-même, à suivre une envie tout en me disant que c'était pas la voie adéquate, tout en m'en voulant de ne pas être comme je croyais qu'il faut être, et ne pas trouver de frontière pour me repérer si ce n'est le tissage entre l'arbitraire de mes envies et l'arbitraire de mes lignes de conduite. Mes doutes et mes inadéquations me fatiguent.
Je me demande si je n'aurais pas dû le mettre dans une enveloppe. J'ai hésité pourtant. J'en ai mis une, j'avais écrit 'Merci. Bisous', je m'étais appliquée. Et puis je l'ai retiré de l'enveloppe, les bisous me sembaient déplacés, ambigüs - les bisous je voudrais, là en écrivant, les faire en vrai, mais peu importe.
Il ne me restait que ça, le CD, il ne restait que ce lien entre nous. Je suis partie de chez lui la semaine dernière en reprenant mes affaires, j'ai juste oublié ma brosse à dents, je m'en suis rendue compte après - je me demande s'il l'a jetée. Moi je suis remontée dans ma voiture et c'est plus tard que j'ai réalisé que son CD était encore là, dans la voiture avec moi. C'était il y a une semaine, déjà.
Ce midi, je me suis réveillée après avoir rêvé de lui, de nous, une histoire d'ascenseur que j'ai notée dans un coin et que je vais tenter de comprendre - à défaut de comprendre le reste. Je me suis réveillé ce midi et j'ai fondu en larmes, des larmes d'injustice.
C'est la veille, j'ai passé la soirée avec O., je lui ai raconté l'histoire, il a eu une vision différente des autres. Pour lui, mon copain a sacrifié notre relation parce qu'il n'arrivait pas à choisir entre son ex et moi. D'après O., c'est pipeau, le coup de l'étincelle et du je ne t'aime plus : tout dans ses actes démontre le contraire. Pour lui l'explication logique, c'est l'ex, quelles qu'aient été les démarches de celle-ci (puisque beaucoup de choses se passent dans la tête de mon (ex)copain, notament ce qui a trait à passer à autre chose et ne plus admettre une attiance vers cette ex), et l'avis de O., c'est que mon (ex) boyfriend doit être complètement perdu, en proie à de terribles tourments intérieurs.
L'interprétation de O., ça m'a pas aidée, l'idée que mon ex est un grand prince qui sacrifie notre relation et me fait croire qu'il ne m'aime plus simplement pour ne pas me faire subir ses questionnements intérieurs et son amour réminiscent pour son ex, certes c'est beau, mais c'est un peu trop lyrique et surtout c'est lourd à encaisser.
Je suis néanmoins restée sur cette idée en m'endormant et quand je me suis réveillée, j'avais ce goût d'injustice dans la gorge, cette impression d'impossible contre lequel on ne peut pas lutter, le cours des choses sous lequel on n'a pas d'autre choix que de courber l'échine.
J'étais entrain de pleurer quand ma copine Ma. m'a appelée pour me proposer une sortie. On en est venue à parler de ma relation, je lui a parlé de la rupture. Elle ne comprenait pas, 'vous aviez l'air tellement heureux tous les deux la veille, tellement bien ensemble'. Ben oui, moi aussi je croyais.
Elle m'a aussi reparlé de la soirée qu'on avait passée tous les trois après le cirque, elle dit qu'il me dévorait des yeux, que son regard était plein d'amour, sa voix, tout, qu'il était dingue de moi. Ca m'a fait plaisir et un petit pincement, forcément, puisque c'est désormais du passé. La première fois qu'elle avait noté cela, je ne sortais pas encore avec lui, tout était à vivre, alors qu'aujourd'hui, la relation est close (ou quasi), ce qui était à vivre à été vécu ou est en train de faner, les possibles ne snt plus ouverts, je n'aurai plus l'occasion de voir l'amour dans ses yeux.
Sans savoir toutes les circonstances de notre relation et de son issue, elle m'a parlé de bonheur, de l'impression que lui avait faite mon (ex) amoureux, l'impression de quelqu'un de compliqué, qui se prend la tête, que se crée des problèmes là où il n'y en a pas, l'impression de quelqu'un qui ne supporte pas l'idée d'être heureux. Elle n'a pas tort, je n'avais jamais mis ces mots là sur la situation, mais elle a bien vu.
Et sur le thème de l'ex, Ma. a eu la même position que les amis à qui j'en ai parlé : que c'était à mon (ex)copain de savoir faire face, savoir admettre que son ancienne relation est finie, ne pas l'entretenir, aboutir dans son travail de deuil, c'est à lui d'être clair avec lui-même, prendre ses responsabilités. Je suis d'accord et d'ailleurs, moi, si l'un de mes ex refait surface, si je suis avec quelqu'un d'autre et a fortiori que je suis heureuse avec cette personne, il peut tenter ce qu'il veut, je ne bougerai pas d'un iota. et même si je suis seule de toutes façons, si un de mes ex rapplique, je crois qu'il ne pourrait rien, le rideau est baissé - comme je dis toujours : si ça n'a pas marché la première fois, ça ne marchera pas la seconde.
Les positions franches de Ma. m'ont rassurée, remise sur pattes, parce qu'elles rejoignent en certains points mon vécu de la relation, elles mettent des mots sur des choses que j'avais ressenties mais n'était pas allée jusqu'à les analyser ainsi.
Je me suis dit que moi je voulais être heureuse, être amoureuse aussi. Que si mon ex n'avait pas envie de l'être, je n'allais pas le suivre et m'abîmer dans cette direction avec lui, que je trouverai quelqu'un d'autre avec qui être heureuse.
Ma. m'a proposé de venir passer la soirée avec elle autour d'un plateau sushis. Avant de me rendre chez elle, j'ai fait un détour par l'adresse de mon lui. Ca me faisait bizarre de pianoter le numero du code, j'avais presque l'impression de faire une chose interdite. Je suis entrée dans le hall et j'ai déposé le CD, sans enveloppe, dans la boîte aux lettres qui porte encore le nom de son ex.
Après avoir déposé le CD, je ne me sentais pas libérée, ni attristée, rien, pas la sensation de quelque chose qui finit, non. Ca ne change pas grand chose, il n'y a pas, pour moi, de symbolique dans cet acte. Certes, il y a un symbolisme abstrait, 'je te rends tes affaires, la relation est close'. Mais dans la réalité des sensations, ça ne change rien : je sais bien que ma brosse à dents restée chez lui n'empêche pas la rupture d'être consommée. Inversement, le fait de lui rendre son CD dans sa boite aux lettres ne met pas plus un terme à la relation que les sentiments pouvaient en mettre un.
Lui déposer le CD dans la boite aux lettres, j'admets qu'au fond de moi, c'était une carte que je jouais, c'était la carte de faire passer le message symbolique, susciter une réponse, un dialogue. La carte de dire 'voilà, je mets un terme à la relation', prendre les choses en mains pour ne pas laisser pourrir notre relation sans que personne n'y mette un terme, alors que j'ai besoin que les choses soient claires, rangées, mais que je ne voulais pas prendre l'intiative de, moi, couper une relation qu'il a décidé d'éffilocher alors que je ne voulais pas y toucher.
En rendant ce CD, en faisant passer ce message implicite, je crois que je jouais quitte ou double. Je n'avais pas grand chose à perdre : je devais de toutes façons lui rendre ce CD, mon acte ne m'engage pas plus que la situation actuelle.
Il fait une halte sur le chemin de notre relation depuis une semaine. Je n'ai plus de nouvelles depuis une semaine. Il est temps de prendre position. S'il voulait conserver la relation avec moi (ou tenter de la restaurer), il se serait déjà manifesté, il est conscient que je vais m'éloigner doucement pendant cette 'pause' (il m'a même dit que je pouvais aller voir ailleurs si je voulais - ça m'a blessée). S'il voulait arrêter véritablement la relation alors il faut prendre les choses en main. S'il veut que je reste en double-file pendant qu'il re-tente avec son ex, ce n'est pas admissible, et là aussi il faut prendre les choses en main.
Ma. pense que la restititution du CD va générer une discussion, qu'il va m'appeler. Je ne suis même pas sûre. Il est capable de récupérer le CD dans le courrier, avoir un pincement au coeur et le remonter chez lui et prendre acte que je lui ai rendu ce qui nous liait encore, en déduire que c'est donc fini entre nous.
Lui rendre son CD, c'est être correcte. Ca sera peut-etre un message aussi, mais un message pour aller où ? Dimanche il ne savait pas où il allaut avec lmoi alors que moi je savais où j'étas avec lui : aujourd'hui je ne suis plus nulle part avec lui, je sais où j'ai été et je crois savoir où l'on n'ira plus.
J'ai passé la soirée avec Ma. et un ami qu'on a appelé pour nous rejoindre. On a beaucoup rigolé, ça faisait du bien, ça faisait du bien d'oublier, ça faisait du bien de revenir à la vie, un peu, après avoir passé la semaine dans des méandres et des larmes.
On a parlé des histoires de mecs de Ma. et pendant ce temps, on ne parlait pas de la mienne, je n'ai plus grand chose à leur dire d'ailleurs à cet égard, cette relation et son issue est une énigme pour tout le monde.
Je me demande quand même s'il n'aurait pas mieux valu mettre l'enveloppe autour du CD, laissé le merci et pas les bisous, ou le contraire. Non je crois que j'ai bien fait, le CD sans mots, sans affect, sans piste d'interprétation.
Bande son : Damien Saez - La chute humeur du moment : ce soir ça va environ, j'ai passé une bonne soirée, j'ai fermé certains robinets, j'ai fait ce que je pouvais faire aussi, je suis triste bien sur, j'ai la sensation de deviner plein d'étoiles qui ne s'allumeront (sans doute) plus, la sensation du cours de la vie qui ne fait pas cas de nous même lorsqu'on fait tout du mieux que l'on peut, donc forcément je suis un peu amère, mais j'essaye de regarder au loin, penser que peut-etre on va pouvoir sauver quelque chose tous les deux ou que sinon je peux rencontrer quelqu'un d'autre de bien,
Tout à l'heure, j'ai eu envie d'avoir de l'espoir.
Je ne m'y attendais pas. C'est venu subitement, peut-etre parce que je me suis un peu blindée depuis le début de la semaine, que j'ai pris de la distance (pas trop, juste untout petit peu), que les choses sont moins ardentes à l'intérieur de moi, alors je me suis inconsciemment autorisée (peut-etre) à me laisser aller à y croire (peut-etre), et prendre le risque d'être (peut-etre) déçue.
Je me suis mise à voir les choses autrement, à prendre un autre point de vue. Comme si au début de la semaine mes pensées avaient été allongées à plat ventre sur le lit à pleurer, puis que depuis mardi elles étaient montées sur le bureau pour regarder tout cela, et que ce soir elles étaient parties dans le coin opposé, s'asseoir dans un grand fauteuil un peu plus moelleux (au risque de s'y assoupir et être réveillées brutalement).
Je vois tout ce que j'ai aimé chez lui et dans cette relation et cela guide mon interprétation, mon regard. Tout est tellement subjectif, contingent. J'ai eu envie d'être positive, de changer le sens de mon intuition, de me laisser bercer (même si c'est d'illusions), d'être peut-etre un peu dupe.
J'ai discuté avec My., je veux dire j'ai fait SOS soutien psychologique pour My. parce qu'avec son copain, ça ne se passe pas si bien qu'elle voulait nous le faire croire. A l'entendre décrire tous ses actes et absentions, je n'y ai vu que des indices gros comme le nez au milieu du visage, je n'ai vu que se profiler la fin de leur histoire d'une façon que je ne connais que trop.
Et par contraste, j'ai vu certaines réponses à des problèmes similaires apportées par ma relation à moi : ses soirées que mon (ex?) amoureux a annulées pour rester avec moi, son implication, sa présence, la place qu'il m'a faite (mais peut-etre trop vite ?) dans sa vie ou sur ses étagères, certains mots, ou même les clefs qu'il venait de récupérer (même si, d'une certaine façon, on va dire symboliquement qu'elles restent aujourd'hui sans serrure).
A son égard, tout le monde dit la même chose, tout le monde dit qu'il va se mordre les doigts, tout le monde dit que je trouverai mieux, que je suis mieux que lui. Ca veut dire quoi 'mieux'. Ca veut dire que les gens regardent une apparence, et qu'ils construisent un schema de compréhension de la situation sur cette base là. Avec des critères arbitraires, ils décident que je suis plus jolie que lui, plus pêchue, plus vivante, et que dès lors je suis mieux que lui.
Mais moi, ma relation, je ne la vois pas comme ça. Moi c'est un tout, c'est le personnage en entier qui me plaisait, le personnage tel qu'il construisait la relation, le personnage à travers sa façon d'être et de vivre. Ce soir certains de ces éléments me revenaient à l'esprit, des trucs que j'aimais bien en lui, des moments que j'aimais vivre, des signes qui nous portaient vers l'avenir, et puis l'influx positif qu'il commençait à avoir sur certaines de mes facettes.
Ensuite je sais bien que les choses s'écroulent toujours sans crier gare, que l'on perd tout du jour au lendemain même si tout semblait tellement stable ou solide. Pourtant, ce soir, je n'ai pas eu envie de continuer à croire qu'on est morts. J'ai eu envie d'avoir une nouvelle intuition. J'ai eu envie de me dire que peut-etre.
Depuis quelque jours, je dis que l'on peut avoir besoin de temps pour admettre que l'on quitte quelqu'un, le temps de la réflexion, le temps d'être sur de sa décision, le temps d'évaluer l'argument, la méthode, le temps de se passer une bouée autour de la taille aussi. Mais qu'en revanche on a pas besoin de temps pour savoir que l'on aime, que ça doit être une évidence instantanée.
Certes il a dit qu'il ne savait pas où il allait avec moi, qu'il n'avait plus l'étincelle, qu'elle était là et qu'elle est partie et que ça n'est pas arrivé dans ses précentes relations. Mais l'idée d'arrêter la relation, c'est moi qui l'ai avancée. Il a répondu 'je ne sais pas' mais tout dans son comportement dimanche disait qu'il voulait continuer.
Personne n'y comprends rien : faire un break mais passer l'après midi et la soirée en me tenant dans ses bras, en me serrant contre lui, en me massant pendant que je pleurais, en s'endormant enlacés, en refusant la terminologie 'arrêter' et en insistant pour que ce soit une 'pause', en me disant qu'il est bien quand il est avec moi, en regardant la télé blottis l'un contre l'autre, en me glissant des baisers dans les cheveux et sur le visage, en me proposant de rester diner, en me proposant de rester dormir, en me demandant pour me raccompagner jusqu'à ma voiture, en me demandant d'adresser un texto pour annoncer que j'étais bien rentrée.
Et même si on tempère en se disant que ce comportement est venu du fait qu'il profitait de la 'dernière fois' (alors de ttes façons qu'il insistait pour que ce ne soit qu'un break), c'est du chinois tout ça.
Mais je me demande : et si sa démarche n'avait pas été (que) de capturer une gazelle pour se valoriser (et la rejeter au désert une fois assouvi son besoin de conquête et d'estime au regard d'autrui) ? Et s'il était vraiment perdu par rapport à ce qu'il ressent ? Si c'était vraiment une pause pour sentir où il en est à l'intérieur de lui ? Pas un break pour vérifier qu'il veut me quitter mais un break pour faire le ménage dans son coeur, rencentrer ou re-penser la relation pour pouvoir être bien à deux ? Ca peut pas exister cette interprétation ?
Nan, parce que tu vois, ça va bientôt faire une semaine : il devrait avoir pris position pour me quitter, là, non ? Moi en 3 jours j'avais pris position, j'avais conclu que si on n'aime pas, on quitte, c'est assez basique comme raisonnement, j'admets que ça ne prend pas beaucoup de temps. Alors ensuite, je veux bien que les hommes soient laches et couards et qu'ils préfèrent laisser à l'autre le soin de prendre la responsabilité de la rupture, mais s'il met autant de temps (par rapport à la durée de la relation), c'est peut-etre justement parce qu'il a des sentiments et qu'il ne veut pas arrêter.
Après pourquoi il m'a dit qu'il m'aimait pas, son histoire d'étincelle disparue et d'affection, tout ça ? Moi je trouve que ça tient pas la route mais c'est peut-etre parce que je veux pas admettre qu'il puisse avoir changé d'état d'esprit à mon égard, peut-etre que je ne veux pas admettre qu'il puisse me délaisser après m'avoir aimée, peut-etre qu'effectivemment je suis juste en train de me voiler la face. Mais tu reconnaitras que son comportement incite à n'y rien comprendre et conduit assez légitiment à ce genre de voilage de face.
Ce soir j'ai envie de croire que peut-etre on pourrait trouver une voie tous les deux.
Pourtant je sais que ce n'est pas 'l'homme de ma vie' (tout simplement parce que l'homme-de-ma-vie, il est plusieurs, il n'y a pas un l'homme-de-ma-vie, il n'y a que des hommes qui me conviennent à un moment 't' et d'autres pas) et je sais que je peux rencontrer d'autres personnes 'bien', (mais avec lui ça me convenait, pourquoi aller essayer autre chose quand on est bien ?) (et puis je dis que je sas que je peux rencontrer, c'est bbien gentil, mais je ne vois personne à l'horizon) (remarque je ne suis pas encore dans un état d'esprit à rencontrer, je suis plutot dans un état d'esprit à faire le hérisson roulé en boule ou l'escargot dans la coquille).
Je sais également que les mots qu'il a dits sur l'absence d'étincelle, il serait dur de passer au delà, parce qu'ils ont emporté de la confiance avec eux, beaucoup.
Je devine aussi qu'il m'a menti sur l'histoire du cinéma, la fois où il m'a annoncé qu'il s'était fait 2 séances de suite et ne se rappelait plus quel était le premier film, ou quand vendredi dernier il est rentré du cinéma à 1h et des cacahuètes et que c'était (il me l'a dit après) le soir où il a vu son ex. Ca sent le mensonge tt ça et, bien sur, du coup je me demande où il était, ou avec qui, chaque fois qu'il m'a annoncé aller au cinéma. Et je ne sais pas pourquoi il a menti, mais ce qui est sûr, c'est qu'un mensonge ça emporte de la (ma) confiance avec soi. Ca commence à faire bcp de confiance emportée.
Je sais aussi que la place de son ex dans sa vie et dans sa tête et peut-etre son coeur est préoccupante et envahissante (colonisante).
Je ne peux m'empêcher de craindre que depuis qu'elle lui a dit qu'elle l'aime et l'effet que ça semble avoir eu sur lui, ils aient repris ensemble et que la pause dans notre relation soit l'occasion rêvée d'aller fricoter avec elle, voir si leur relation peut repartir - pendant que connement Topaze attend en stand-by, garée en double-file.
Tu sais ce qui me fait penser à ça, c'est son besoin impérieux de me voir samedi soir dernier, être mal mal et rechercher ma présence immédiate pour apaiser ce malaise. Je fais le lien parce que quand je m'étais rapprochée de T. cet été alors que je sortais avec mon ancien copain, le jour où je suis allée trop près du feu avec T., ensuite je me suis sentie ainsi : mal mal, et j'ai eu besoin de tout de suite rentrer chez moi appeler mon copain, me rapprocher de lui pour m'éloigner de la dissociation qui s'opérait en dedans de moi du fait que j'étais (mon coeur, mon esprit, mon désir) partagée entre deux hommes.
Alors oui, j'ai peur qu'il se soit (bien volontiers peut-etre) laissé manipuler par elle comme je l'ai entendue faire à déjà 3 reprises : quand elle l'a appelé et que ça a interrompu et laissé inachevé notre calin en cours (et il a été complice de l'interruption) ; quand ils se sont donc vus pour qu'il récupère ses clefs et qu'elle lui a donc dit qu'elle l'aimait encore (bon en même temps tout ça, c'est lui qui raconte et on ne sait pas forcément ce que lui il lui a dit) ; et puis cet appel mystérieux dimanche après midi avant qu'il ne m'annonce l'état de ses sentiments, cet appel pendant qu'il croyait que je dormais, que je l'avais entendu soupirer 'bon, qu'est-ce que tu veux au juste ?' et qu'il etait ensuite venu chercher, suivant les instructions de la pesronne au bout du fil, un manteau retranché au fin fond de son armoire mais dont la persone savait très précisémment où, un manteau qu'il ne semblait pas connaitre et que la personne réclamait. (Ouais c'est ça, je travaille pour Sherlock Holmes, vas-y tourne la tête de droite à gauche en levant les yeux au ciel) (et pour le monstre du Loch Ness aussi tu rajouteras).
Mais bref, aujourd'hui, toute la journée j'ai eu cette image : son ex qui le largue il y a 8 mois, le jour de son anniversaire, puis qui apprend en février qu'il a une nouvelle petite amie (qu'il a prise en chasse pour la conquérir comme un chien court après un nonosse convoité - et c'est moi dans le rôle du nonosse), elle le siffle et là il accourt aussitôt en jappant. Pathétique.
C'est dur ce que j'écris, surtout que je suis par ailleurs prête à reconnaitre plein de ses qualités et le fait qu'il m'émeut par nombre de ses attitudes et m'épate, me pacifie ou me rassure par d'autres, mais n'empêche qu'il a quand même un comportement basique de chien.
Ca fait quand même beaucoup de bémols, tout ça.
Ce qui m'a plu, c'était la fluidité et la simplicité de cette relation. Là on en est un peu loin, c'est devenu un peu rocailleux depuis quelques temps, même si on n'a pas eu le temps de voir l'histoire pourrir ou faner, on a juste perçu les carences. Ceci dit, y'a forcément un moment dans une relation où on découvre que tout n'est pas parfait, je le sais, lui devrait le savoir aussi d'ailleurs mieux que moi vu que ses précédentes relations ont été longues.
Mais bref, ce soir j'ai juste envie d'avoir de l'espoir, me dire que les choses sont possibles. Je ne me retiens plus (comme ça a été le cas les jours précédents) de l'appeler pour lui demander 'bon, on sait très bien que c'est mort alors quand c'est que tu me largues ?'. Ce soir je me dis que, depuis une semaine, il en serait déjà venu à me larguer.
Tu sais, ce soir je pense à l'avion quand il va décoller : il roule un peu de temps, puis il fait un petit stop, puis il s'élance et décolle. C'est pas parce que l'avion est un couard qui hésite entre décoller et retourner au parking, c'est juste une mise au point avant de décoller, pour que tout se passe bien. Ben voilà, ce soir je me dit que notre break pourrait être ce petit stop avant décollage, certes une hésitation de son côté à la base, mais aussi pour bien s'ajuster et se positionner avant de s'envoler tous les deux. Tu trouves pas qu'elle est jolie cette image ?
Et puis sinon, bah tant pis, je rencontrerai quelqu'un d'autre et lui il fera son chemin d'un autre côté et peut-etre que dans quelques mois je me demanderai comment j'ai pu être aveugle au point de me fourvoyer dans cette relation. Mais au vu des premières semaines que j'ai passées avec lui, je ne m'imagine pas poser un regard sombre sur cette relation, au contraire c'etait l'une des plus fraîches et encourageantes que j'aie connues.
Ce soir j'ai juste envie d'être indulgente, de croire un peu au bénéfice du doute - même si tout ne va pas dans ce sens, même si après ce que je viens d'écrire sur la confiance et les mensonges, ça semble un peu aberrant de vouloir y croire.
D'ailleurs en fait tu vois, je viens d'écrire toute cette note dans un élan bienveillant, une envie d'optimiste, et puis là, en terminant la note, l'idée qui me vient à propos de cette relation, c'est celle d'une duperie finale qui en gache le début. Du coup, je me dis que je devrais occuper mon optimisme à de nouvelles causes.
Bande son : je sais pas, j'essaye des trucs mais je trouve rien, Wombats, 1990s (c'est le nom du groupe ça), Bowie, Human League... Humeur : bah j'ai enragé toute la journée mais depuis mon bain, ça va un peu plus doux
Je réfléchis : c'est évident, bien sur qu'il va me quitter. Dimanche c'était à chaud, il ne s'était pas fait à l'idée d'arreter. Mais quand l'idée a germé, elle continue à pousser ensuite. Je pense qu'il a besoin de temps pour bien s'assurer qu'il va pas regretter, c'est tout. Prendre une décision, admettre sa responsabilité du choix, faut juste avoir les couilles de se jeter dans le vide, je sais que c'est rarement facile, mais je suis bien sympa de le laisser hésiter, prendre son temps pour me larguer, je suis bien sympa.
Il dit que ça lui prendra 'peu de temps', qu'il fera vite. Moi je me demande s'il ne veut pas se remettre avec son ex. Parce qu'on ne sait pas chiffrer à l'avance le temps dont on a besoin pour faire le clair ds ses idées quand on est perdu comme il l'était dimanche. 'Peu de temps' c'est ce qu'il lui faudrait pour lui demander si elle veut se remettre avec lui et selon la réponse je serais la roue de secours. Mais je ne veux pas de ce 2nd role. Je me demande pourqui il a repris ses clefs - est-ce que c'est la vérité au moins ? est-ce que c'était pas pour faire réagir son ex qui quand même garde un pied dans les lieux puisque son scourrier arrive chez lui et puisque (quel hasard) elle a oublié des affaires lors du déménagement.
De toutes façons, qu'il aille vite ou pas vite, en ce quime concerne il y a quelque chose de perdu dans notre relation. Il a cassé un truc qui ne reviendra plus. La confiance, je ne pourrai plus être sereine avec lui. J'ai ces putain de mots qui rodent désormais en moi : beaucoup d'affection pour toi, mais pas l'amour, pas la petite étincelle, il les a dits plusieurs fois, on en a parlé longuement, il n'y a pas d'erreur dessus, j'ai bien entendu, bien compris le sens et les sous-entendus. Tout comme sur son repli des semaines passées, il n'y a pas d'erreur non plus, j'avais bien intuitionné.
J'ai pas envie de lui courir après pour organiser ceci ou cela, un week-end à la campagne, une journée dans un parc, se voir un soir, se téléphoner. Une relation à deux, ça ne doit pas etre l'un qui court après l'autre qui recule, on doit aller dans le même sens, la même direction, ou éventuellement aller l'un vers l'autre.
Moi je suis partie avec lui les yeux fermés dans le Sud, on était ensemble depuis pas longtemps, je crois que c'était une belle preuve de confiance et d'investissement de ma part. C'était un beau voyage, depuis le départ en train, et nos facéties dans le compartiment désert du Corail, jusqu'au retour en train, ses baisers dont il me couvrait par moment avec l'oeil velouté et pétillant.
Depuis ces petites vacances (depuis l'appel de son ex à notre retour peut-etre aussi) il n'a cessé de se rétracter. J'ai pas envie que ça empire. Au début il avait envie de me voir tout le temps et il prenait l'initiative : depuis que ce n'est plus le cas, je ne vois pas comment ça peut être épanouissant pour moi.
Il manque désormais quelque chose du coté de ses sentiments, que ce soit l'amour ou l'étincelle ou autre, peu importe : s'il n'y a pas la conviction et l'envie, alors c'est non. Je ne veux pas m'abimer dans un schema pareil. Je veux bien faire des efforts mais quand ça a un sens : je m'en fous de faire des choses inutiles, pourvu qu'elles aient un sens.
Beaucoup d'affection mais pu d'amour, je n'ai rien à répondre à cela, je les ai déjà entendus ces mots, je les hais, et je m'en veux d'avoir continué à tenir aux mecs qu m'ont dit ça - je ne sais pas où j'avais mis mon amour propre, au fond d'une poche sans doute. C'est irréparable, de m'avoir dit ça, ça a creusé un trou dans la confiance, dans la relation, et un trou dans mon coeur aussi.
Si derrière son histoire d'étincelle il recherche des sensations vibrantes qu'il a connues il y a 5 ans quand il a rencontré son ex, je crains qu'il erre longtemps. Parce qu'avec le temps et les expériences, on évolue, on ressent les choses autrement, la fraicheur des émotions est forcément teintée des echecs passés, des portes qu'on a fermées autour de son coeur, on s'ouvre un peu différemment, est-ce que ça veut dire que l'on n'aime pas ?
En même temps, son laïus son l'absence d'amour et e beaucoup d'affection, c'est totalement incohérent au vu de la façon dont il m'embrassait et me faisait des baisers partout, me caressait les cheveux ou la peau, et me serrait fort, tellement fort, dimanche. Ce n'est pas quelqu'un d'indifférent qui se comporte ainsi, ce n'est pas seulement de l'affection ainsi. Et est-ce qu'on a une sexualité avec une personne pour qui on n'a que de l'affection ? Mais il n'empêche que les mots sont là : il n'a plus l'étincelle, ne sait donc pas où il va avec moi, suggère de se poser maintenant parce que dans un mois il aura les mêmes hésitations.
Je ne comprends pas comment il peut dire qu'il tient autant à moi, qu'il a tant besoin de moi, qu'il est si bien avec moi, que tous ses soucis s'effacent quand il est avec moi, et paradoxalement ne pas vouloir continuer avec moi, avancer l'argument de l'étincelle.
J'ai les boules, ça me blesse. Les larmes reviennent dans mes yeux.
Ce midi je pensais à quand on faisait l'amour, j'essaye d'imaginer que ce sera plus jamais, j'essaye d'imaginer qu'on ne sera plus en contact tous les jours, j'essaye d'imaginer qu'il n'y aura plus cette présence rassurante et protectrice, j'essaye d'imaginer qu'il n'y aura plus ce fil invisible qui nous reliait même quand on était loin l'un de l'autre. Ca me fait pleurer. Je me sens seule, isolée. Déçue.
Ca me fait pleurer aussi de me dire que l'amour que je croyais partagé était vicié, qu'il y avait un ver dans la pomme ; je n'ai croqué que parce que les sentiments qu'il me présentait au début me donnaient confiance et finalement il ne reste que du nuage, il s'est rétracté trop tôt.
Des raisons que j'ignore. Est-ce qu'il me serait utile de comprendre ? Je ne sais pas. Je n'ai pas envie qu'il me dise encore une fois que j'ai été parfaite, que c'est lui, qu'il ne sait pas où il en est et qu'il ne veut pas me faire souffrir.
Je déteste ces mots. Je déteste la vie qui ne nous offre du bonheur que pour mieux le reprendre ensuite. Je ne regrette pas d'avoir vécu ces beaux moments avec lui, mais les derniers évêneemnt les teintent d'une nuance terne. Je sais que je souffre, et que je vais me fermer encore plus ensuite, me blinder, me protéger, devenir plus dure ou ferme, et peut-etre tout aussi fragile au fond.
My. dit pourtant qu'elle la 'sent bien' mon histoire. Elle retient des détails, qui certes ont leur imporance mais elle ne connait pas la relation. Elle retient qu'il a traversé Paris en metro puis une ville à pieds en pleine nuit juste pour me rejoindre à une soirée alors que de ttes façons je rentrais dormir avec lui qqes heures plus tard. Elle y voit une preuve d'amour évidente. Moi je me rappelle juste que j'ai fait 120 bornes en voiture une nuit pour aller retrouver Vampire et que je le quittais le lendemain. Alors bon, c'est clair que je mitige la valeur probatoire, en matière amoureuse, de l'acte qui interpelle ma copine.
J'aimais son amour spontané, cet élan vers moi qui m'avait donné envie de m'élancer à mon tour vers lui. On a peut-etre oublié de respirer, oublié de prendre notre temps, mais c'était le bon rythme, je l'ai suivi, c'était bien. Il aurait juste fallu savoir négocier le tournant. Mais évidemment, si je n'étais qu'un fantasme, défi pour lui, comme le suggère ma copine, s'il jouait son image en sortant avec moi, alors on ne risquait pas d'aller bien loin.
Je ne peux m'empêcher de me dire que j'ai fait ou pas fait un truc comme il aurait fallu, je me demande où j'ai loupé la manoeuvre, je me demande comment il font les gens, où ils trouvent le mode d'emploi.
Putain, même quand je prends des mecs apparement normaux, ça fonctionne pas non plus. Et ça m'insupporte d'entendre tout le monde autour de moi qui dit qu'il va le regretter s'il me quitte. A les entendre je suis la fille parfaite qui a tout pour plaire, même lui il le dit !
Grognasse était triste pour moi, ses yeux étaient tout désolés quand je lui ai résumé les derniers évenements. Elle trouve que dit que je n'ai pas de chance, là vraiment je suis pas allée chercher un marginal, un mec avec des risques ou vices apparents, j'ai pas joué avec le feu ni rien. Elle dit qu'elle ne comprend pas : 'tu es belle, agréable, intelligente, vous vous entendiez bien, je ne comprends pas pourquoi ça marche pas, excsue moi l'expression mais il est vraiment con s'il veut arrêter'. Et je fonds en larmes en entendant ses mots.
Mais il me manque forcément un truc, sinon j'en serais pas là, sinon l'étincelle se serait pas éteinte silencieusement. Non, c'est un peu trop facile de croire que c'est parce que l'on est trop bien et ne surtout pas se remettre en question. Si j'en suis là, si je n'arrive pas à capter son amour alors qu'il était présent (et bien présent) au début, certes il y a des facteurs qui m'échappent mais je pense aussi que c'est parce qu'il me manque quelque chose, qu'il y a un truc que je ne fais pas (ne suis pas) comme il faut.
Alors, non, je comprends pas, quand je vois ses ex qui lui en ont fait voir des vertes et des pas mures, des crises d'hystérie, des chantages, des caprices, et moi je faisais pas de vagues (remarques, on a pas eu le temps), il sentait que j'avais du caractère, ça lui plaisait, mais on n'a jamais eu de clash, on s'accordait bien, on était heureux tous les deux ensemble et pourtant l'étincelle en lui s'est éteinte.
C'est quoi le dosage ? Si tu ne fais pas part de ce que tu ressens, on t'explique que ça n'a pas marché car tu es restée fermée, que tu n'as pas partagé le sentiment. Si tu t'ouvres et lui annonces que tu es heureuse avec lui, que tu aimes faire l'amour avec lui parce que c'est 'lui', que tu te sens bien dès que tu es avec lui, est-ce que c'est si pesant au point de faire fuir ? Apparememnt oui, il faudrait que l'homme ait l'impression sans fin de nous conquérir et que nous, sans fin, on se rétracte, on ne s'offre jamais totalement. Mais moi je déteste les stratégies en matière sentimentale.
Finalement c'est ça qui le laisse sur sa faim avec son ex : elle l'aimait, il l'aimait, mais elle n'avait pas de désir pour lui, il n'a donc jamais pu accéder à la conquête totale, et même si c'est ce qui a fini par les séparer, il reste sur cette incomprehension, cette conquête inachevée, qu'il rêve peut-etre de reprendre, malgré toute la confiance en lui qu'il y a perdue, malgré qu'il n'était pas heureux. Avec moi il etait heureux, il me désirait et je le désirais : il y avait peut-etre trop de plenitude, je ne me refusais peut-etre pas assez (pourtant je refusais d'autres choses, parler de certaines tranches de mon passé, le faire venir chez moi, c'était encore trop tôt pour ouvrir ces portes-la), j'en sais rien.
Ou peut-etre juste qu'il me manque un truc (celui qui entretient l'étincelle), peut-etre que je suis trop différente de la femme qu'il a imaginé en moi quand il a eu son coup de foudre en me voyant à cette soirée (il m'en reparlait dimanche soir, que dès qu'il m'a vue, il a été dingue de moi, qu'il était sous le charme) : mon erreur, est-ce de m'etre interposée entre lui et son imaginaire ?
Il a peut-etre inconsciemment senti qu'il ne saurait pas satisfaire mes demandes affectives et sexuelles, il a peut-etre senti mon insécurité latente angoissée, et si c'est cette sensation de pouvoir me protéger qu'il l'a attiré, il n'en reste pas moins que l'on quitte souvent les gens pour ce qui nous a attiré chez eux.
Je ne sais pas, je ne comprends pas, j'aimerais ne pas avoir besoin de comprendre, j'aimerais balayer et passer à autre chose. Et par moments, c'est le contraire, je patauge dans tout ceci en esperant trouver des clefs ou un coup de pouce de cupidon.
Ce matin j'étais devenue très indifférente à toute cette histoire, je me tournais dejà vers l'avenir, je ne ressentais rien, je me disais même que j'étais allée avec quelqu'un qui ne me correspondait pas. Et cet après midi je m'y replongeais, la tête, le coeur, je voyais ce 'plus' qu'il avait sur les autres d'avoir une personnalité compatible avec mon ambivalence, son sérieux, sa droiture qui me cadrait et m'apaisait, et son grain de folie, un côté un peu rock'n roll qui s'envolait avec mon imaginaire et mon humour.
Hier je me disais que ça fait du bien de respirer, réintégrer mon univers à l'abri d'autrui, ma coquille. Et cet après midi, je me disais que l'on est plus forts à deux, que la vie est plus belle à deux.
Ce soir, je me sens seule, ce soir, je me dis qu'il est possible qu'il me manque.
Avec lui j'avais envie de construire, c'était la première fois. Est-ce que c'était Lui, ou bien est-ce que c'est simplement le fait qu'il s'est trouvé là à un moment de ma vie où cette envie naissait et qu'il en a été le support ? Je ne sais pas.
Et est-ce que je tiens à lui parce que c'était 'Lui', parce que c'était une des 'la bonne personne', ou bien est-ce que ma douleur à larguer les amarres serait juste pour rester encore un peu dans le cocon du passé (même si ce passé n'est pas totalement terminé puisqu'il ne m'a pas encore fait part de sa décision) ? Je ne sais pas.
Je ne sais pas non plus si je peux déjà tracer un trait sur cette histoire ou l'attendre.
Mais je vois bien que je ne peux oublier cette allusion à l'étincelle disparue, je ne peux m'empêcher de me dire que si l'on est pas convaincu, si les choses ne sont pas évidentes, alors ça n'est pas la peine.
Je ne peux pas admettre sereinement de continuer avec lui après ces mots. J'ai envie de moi l'appeler et lui dire que c'est moi qui veux arrêter. Je ne sais pas si je vais avoir la force de supporter les consequences de la rupture si c'est moi qui prends l'initiative - peut-etre peur de regretter, moi aussi. Mais si c'est lui qui arrete, ou s'il veut continuer, ça sera pénible aussi. Dans tous les cas on va au mur.
Je n'ai pas envie qu'il appelle. Pour dire quoi ? Non je n'ai pas envie d'entendre le résultat de ses hésitations. J'ironisais ce matin en me disant que je suis curieuse de savoir quelle nouvelle péripétie il me réserve, mais en réalité j'avais envie de plénitude, de calme, de sérénité, et là on est trop loin de tout ça.
Je garde juste une once d'espoir, au fond de moi, d'une solution miraculeuse à laquelle je n'aurais pas pensé, une explication admissible à ces mots, ou je ne sais pas quoi d'acceptable. Mais je ne vois pas.
Toujours est-il que moi aussi, il y a quelque chose qui s'est éteint en moi, et je sais très bien quoi et pourquoi. Ce que je ne sais pas, c'est si ce fil invisible qui nous reliait pourrait se tendre à nouveau. Ce que je ne sais pas, c'est si nous sommes des marionnettes ou des funambules.
Bande son : Damien Saez - God Blesse (Thême 2) Humeur du moment : ma crise de larmes a fini par passer. Mais j'ai mal quand même
Ca va mieux depuis cet après midi, le moment de pause solitaire dans le parc au soleil, ou la voix de F. ou des mots d'amis, ou mes réflexions, je ne sais pas, j'ai pris de la distance d'un coup, j'ai un peu enterré certaines douleurs, c'est moins ardent, je sais que c'est juste latent, il y a mon instinct de conservation, le gardien de ma self-estime qui s'est interposé.
Je suis un peu agacée à l'égard de mon Hésitant, la place de son ex entre nous, voire même peut-etre la place de son ex à ma place.
Et puis surtout ces mots qu'il a dits, beaucoup d'affection, pas d'amour, qu'il tient beaucoup à moi, mais qu'il n'y a pas l'étincelle. Alors pourquoi même faire une pause ?
C'est douloureux, c'est mon estime en moi froissée, comment accepter de poursuivre une relation après qu'il m'ait dit ça, même s'il revient en ayant réalisé qu'il veut continuer ou 'essayer encore". On dit qu'on a des doutes ou je sais pas, on dit autre chose, on dit pas ça en annonçant qu'on sait pas où on en est : si on a pu l'amour, juste l'affection, on sait donc où on en est. Surtout que je me demande s'il sait de quel sentiment il parle. Et surtout qu'il dit avoir besoin de moi et que quand il est avec moi il va bien.
Ca me prend la tête, cette relation, c'est compliqué, ça me saoule. Cette histoire m'a attirée parce qu'elle etait simple, légère, fluide. Je me retrouve dans un truc compliqué, pesant et qui accroche, bloque.
Ca me ferait mal que l'on se sépare, mais ça me ferait mal que l'on recommence ensemble après ce qu'il m'a dit. J'ai peur qu'il y ait quelque chose de cassé en moi : la confiance que j'avais en lui, en ses sentiments, la valeur que je croyais avoir dans ses yeux. Si on repart à deux, on volera nécessairement moins haut.
Et en même temps, l'idée de ne plus jamais retrouver les instants passés près de lui me fait mal, l'idée de ne plus jamais faire l'amour avec lui me brule les yeux. Je dois éviter de penser à tout ce que j'aimais chez lui, j'y penserai plus tard, j'aurai tout le temps d'y penser quand j'aurai un peu pansé tout ça.
Je me demande à quoi il réflechit en fait, pendant ce break. Je crois que l'on a besoin de temps pour prendre la décision d'arreter, pas besoin de temps pour savoir si l'on aime...
Peut-etre juste que dimanche la décision de rompre n'avait pas muri, j'ai suggéré d'arrêter mais il n'avait pas pensé le truc, il a juste voulu avoir du temps pour êter sur qu'il se plante pas. Pas du temps pour chercher où est passé l'amour qui avait poussé dans son coeur.
A quoi bon continuer la relation si l'amour n'est plus là ? Je lui ai dit, dimanche : je ne veux pas d'une relation en demi-teinte, je veux quelque chose de beau comme ce qu'on a commencé à vivre, la même osmose, la même entente, la même confiance. Et ça je ne vois pas du tout comment ça pourrait revenir - même si lui il revenait.
Depuis cet après midi, je suis plus dure à l'égard de son comportement, son manque de réaction face à son ex, la place trop importante qu'il lui accorde encore, notre calin avorté, les clefs qu'elle gardait, la suggestion qu'il a émise que je sois amie avec elle, la voix mielleuse qu'il a au téléphone quand elle appelle.
Comme j'ai dit à Dy. : s'il veut retourner avec son ex pour ne pas être heureux pdt un nouveau cycle de 5 ans, qu'il y aille, mais s'il se mord les doigts ensuite quand j'aurai filé, ce sera tant pis. Ce qui est sur, c'est qu'elle n'a aps dû en 8 mois se trouver une pasison subite pour les galipettes, donc ils rettomberont forcément dans le même problème, je n'ai aucun doute là-dessus.
Dy., il me demandait si je devrais pas l'appeler pour lui dire comme je tiens à lui. J'ai refusé, catégoriquement. Il le sait déjà, ce que je ressens, maintenant c'est à lui de faire le tri ds sa tête et son coeur, il lui faut du calme et de la distance et je le respecte. J'ai dejà trop dit, trop pleuré dimanche. J'ai été suffisamment lourde comme ça, on va pas en rajouter. On a tous deux besoin de respirer. Si quand il me rappelle c'est pour arrêter, et bien on arretera et je gererai ma rupture épivoilà, mais je ne ferai pas de grandes démonstrations pour le forcer à être amoureux : s'il n'est plus amoureux, il n'est plus amoureux, point à la ligne.
Je crois que cette idée de perte d'amour est en train de s'ancrer en moi, ça va être très dur de m'en défaire, ça a tué quelque chose en moi.
Que veux-tu qu'il me dise quand il va rappeler ? Pour mettre un terme, un mail suffirait, abrègeons le supplice. Quant à reprendre ensemble, je ne vois pas en quels termes, il ne peut pas décemment me dire qu'il s'est trompé et qu'en fait l'étincelle est bien restée là !
De mon côté, je ne trouve plus mes émotions, j'ai peut-etre trop pleuré entre dimanche et mardi midi, elles se sont délavées ?
Tu sais, mon amour pour lui avait à sa base un miroir qui reflétait l'amour que lui avait pour moi, cette étincelle dont il m'a confirmé qu'au début, oui, elle était là. Si le miroir ne reflète plus rien, mon sentiment ne trouve plus de répondant, mes émotions se fanent, mon coeur se referme. C'est dur à penser, c'est dur de me dire que peut-etre plus jamais, que peut-etre chacun va repartir dans son coin. Je ne vois pas comment je pourrais laisser mon coeur ouvert si lui a refermé le sien. Je n'y arriverai pas, j'ai besoin de partage.
Qu'on arrête ou qu'on continue, aucune des deux voies n'est satisfaisante. Je suis juste triste de renoncer aux possibles qui s'etaient créés - c'est toujours la même chose finalement.
Je n'arrive pas à cerner s'il va me manquer, je pense que oui, mais je ne sais pas.
Bon, ensuite, dire que j'ai arreté de pleurer mes torrents, que j'ai pris de la distance par rapport à la relation, à ma douleur aussi, ça ne veut pas nécessairement dire que je vais bien ni que je ne suis plus préoccupée. Tu vois, par exemple, tout à l'heure j'ai rangé machinalement l'Ajax dans le réfrigérateur. Je pense que ça se passe de commentaires.
Bande son : Velvet underground - After hours Humeur : bof, rien, vide, un peu triste, un peu irrité, un peu absente
Bande son : Asa - Fire on the mountain Humeur : les mots de ma copine My. qui me font du bien, les indices qui lui attirent l'oeil, la voix de F. au téléphone qui m'éloigne un peu de tout ça (et puis l'ironie de la chose qd je pense que mon amoureux s'était mis en compétition avec F. pour me séduire, comme un défi), et Dy. qui s'enquiert de mon état depuis hier, et le soleil que je viens d'absorber pdt 30 minutes pour parfaire mon bronzage de cadavre : tout ça un peu de calme dans la tempête, glissé entre deux cascades de larmes, un peu de sel qui sèche sur les joues
Je lui ai demandé s'il faisait nuit. 'Non, pas encore' - 'Ah. J'ai hâte qu'il fasse nuit' - 'Pourquoi ?' - 'Parce que tant qu'il fait jour je vois le vide entre tout ce que l'on aurait pu faire aujourd'hui et la réalité de la situation telle qu'elle est, notre discussion'. Et puis j'en voulais au soleil de briller.
Dimanche après midi, il n'a pas voulu même aller boire un verre en terrasse pour profiter du soleil. Il m'a prise dans ses bras et m'a portée jusqu'à la chambre, m'a allongée sur le lit et s'est allongé à côté de moi. 'Je suis chiant hein ?' - 'Euh... je ne dirais pas ça comme ça, mais tu ne veux jamais rien faire, les maldives c'est non ça eventuellement je peux comprendre masi la journée au bord de la mer, c'est non, la soirée au resto c'est non, même sortir profiter du soleil ds un café pdt une heure ou deux, c'est non'.
Et là, il a déballé, pas tout mais juste ce qu'il fallait, juste il a oté le couvercle et a laissé tomber quelques miettes entre nous : Je ne sais pas où je vais - 'on ne sait jamais où l'on va, moi non plus je sais pas où je vais, je prends ce qui se présente et j'en profite', je suis perturbé - 'moi je ne trouve pas, je te trouvais équilibré', j'ai peur de te faire du mal. Bref, des miettes très classiques qui veulent dire qu'il hésite entre ouvrir la porte pour partir à pieds ou la fenêtre pour partir en s'envolant, et qui veulent sdire ausi qu'il se demande si c'est une bonne idée de partir ou pas.
Je crois que c'est après qu'on se soient rendormi, un peu plus tard, qu'il a parlé de l'étincelle, mais je peux bien en parler ici.
Il dit qu'il n'a plus l'étincelle, il ne sait plus bien depuis quand mais il l'a eue et elle n'est plus là - 'S'il n'y a plus l'étincelle, il ne faut pas continuer, ça ne sert à rien s'il n'y a pas l'étincelle'. J'aurais peut-etre pas dû dire ça, mais j'ai voulu etre nette et droite, savoir ce que sont les choses et ce qu'elles ne sont pas, j'ai cru l'espace de qqes secondes que je pouvais mettre une situation dasn une case, sauf que les émotions ne rentrent dans des cases que lorsque ce ne sont pas vos émotions.
Et tes ex ?'. Oui il y avait l'étincelle, il ne sait plus si c'est resté tout du long de la relation, mais elle y etait l'étincelle. Y'a que moi dont l'étincelle est partie, merde, même son ex qi l'a fait tourner en bourrique, celle qu'il peut pas encadrer, elle a eu l'étincelle et moi avec qui tout se passe bien, je fais ps de scanadles, je suis pas méchante, je suis pas hystérique ni rien, et moi j'ai pas droit à l'étincelle. Merde.
Je sais pas ce qu'il faut faire pour susciter l'amour et le conserver. De mes conversations avec lui, je comprends que c'est au moment où l'on fait part de ses sentiments, que l'autre prend peur : comme si l'amour d'autrui c'était trop lourd à porter. Mais comment elles ont fait ses ex, elles lui ont jamais ouvert leur coeur ?
Pourtant je lui ai pas fait des déclarations enflammées, j'ai juste dit que j'étais heureuse depuis que je sortais avec lui, et que j'étais bien quand j'étais dans ses bras. Est-ce que c'est ça qui éteint l'étincelle ? Il sait pas, personne ne sait. Est-ce que c'est pas son ex, à chaque fois qu'elle a appelé, qui a soufflé sur mon étincelle incandescente au point qu'elle finisse par s'éteindre ? Lui il me dit que je n'ai rien à me reprocher, j'ai tout fait bien, j'ai été 'parfaite' - ça ne veut rien dire. Ca veut d'autant moins rien dire qu'il aime tout ce que je suis, mon intelligence, mon humour, ma beauté, ma sensualité, i dit qu'il tient à moi et qu'il est bien avec moi... alors quoi ? Il me manquait quoi pour que l'étincelle que j'avais suscitée en lui s'éteigne ?
'Mais peut-etre qu'elle revient l'étincelle ? moi je ne parle pas en termes d'étincelle, je suis bien avec toi, c'est tout'. Lui aussi il dit qu'il est bien avec moi, qu'il tient à moi, qu'il pourrait rester toute sa vie avec moi tellement il se sent bien avec moi mais... qu'il n'y a pas l'étincelle.
C'est incompréhensible. Surtout de la part de quelqu'un qui dit avoir 'besoin' de moi.
Samedi, j'étais à une soirée avec des amis, il etait en début de soirée avec sa cousine de son côté, je devais le rejoindre chez lui après. Quand il m'a textotté qu'il avait fini, je lui ai proposé de venir me rejoindre. Il a traversé tout Paris en metro, puis à la station de metro en bout de ligne en banlieue, je pensais venir le chercher. En fait il a traversé la ville à pieds, 20 minutes de marche, en pleine nuit, sans rien dire, il ne m'a appelée que devant l'entrée.
Ma copine etait scotchée : aujourd'hui elle m'envoie un mail pour me dire que je dois vraiment être importante pour lui pour qu'il fasse ça, elle trouvait que c'était un acte d'amour. Moi aussi j'étais touchée et étonnée qu'il ait fait ça, et puis c'était tellement doux quand je l'ai retrouvé pour lui ouvrir dans le hall, on s'est embrassés, il me serrait fort dans ses bras, et me caressait les cheveux, c'etait tellement doux, il etait tellement mignon avec moi toute la soirée, on etait tellement bien ensemble. Mon autre copine m'a envoyée les photos de la soirée, ça m'a fait plaisir de voir l'image de nous deux près l'un de l'autre, surtout au vu des évenements de dimanche, surtout quand je repnse à ce qu'il m'a dit à cet égard.
Parce que dimanche il m'a avoué qu'il etait mal tout samedi, que samedi soir il avait eu "besoin" de me voir, que dès que j'avais été là, il allait mieux, mon sourire, ma joie, ma gaïté. 'Dès que tu es là, je vais bien', qu'il dit. Et paradoxalement il annonce qu'il ne sait pas où il en est et s'interroge sur la suite de notre relation.
En fait il a vu son ex vendredi soir. Il voulait recupérer le double des clefs - c'est tellement mieux pour s'organiser tous les deux. Ils ont discuté un peu. Elle lui a annoncé qu'elle est avec quelqu'un. Il lui a demandé s'ils s'aimaient etc, elle lui a dit que oui mais qu'elle l'aime aussi encore, lui. J'ai tenté un 'Tu sais, c'est pas innocent si elle te dit ça, c'est pas innocent'. Il ne comprenait pas. Mais moi je comprenais tellement bien. C'est bien un truc de gonzesse ça.
Elle l'a largué le jour de son anniversaire y'a 8 mois et quand il lui apprend qu'il a une petite-amie après 8 mois de traversée du tunnel, elle lui annonce qu'elle l'aime encore. C'est pas innocent. Et pour preuve le résultat, il est tout chamboulé, il sait plus où il en est (et déjà il y a 3 semaines quand elle a appelé alors qu'on commençait un calin, il lui a dit qu'il etait... en train de travailler ! Il lui parlait avec une petite voix toute douce et quand il a raccroché, j'ai rigolé, 'tu travaillais ? c'est moi le dossier ?!', lui il etait gené, il en a fait tout un fromage, on a jamais repris notre calin, il etait absent).
Voilà dimanche après midi premier chapitre. Il m'a avancé des bribes de tout ça, j'ai pris le sac plein de trous sur mes épaules puis lui m'a prise dans ses bras et on s'est endormis enlacés et malgré la discussion j'étais bien, malgré mon mal de tête j'étais bien, dès que je suis dans ses bras, je suis bien. Enfin il s'est endormi et moi longtemps après.
Quand je me suis réveillée, il est venu me retrouver, on a rit un petit peu parec que je m'étirais et puis je lui ai reparlé de notre discussion. J'avais compris qu'il avait des doutes, alors naïvement j'ai cru que je pouvais le rassurer avec mes certitudes. Je lui ai dit que 'Tu vois, je ne sais pas où je vais, mais ce que je sais, c'est ce que je ressens avec toi et pour toi'. Plouf : 'ben justement c'est ça qui me fait peur'. Ce sont mes certitudes qui le font douter semble-t-il.
Les garçons sont apparement plus compliqués que les femmes.
Et là il explique que je vais plus vite que lui. Moi vite ? Mais c'est lui qui m'a parlé d'enfants au bout de 15 jours, c'est lui qui au bout d'une semaine voulait me faire de la place dans ses armoires pour que je puisse ranger mes affaires, c'est lui qui m'a présentée à ses parents après un mois de relation, c'est lui qui voulait déjà que je vienne chez eux dans le sud avec lui alors même qu'on ne s'étaient qu'embrassés....
On a parlé de sentiments. Les miens l'ont déstabilisé. Il dit qu'il ne pensait pas qu'on puisse avoir de l'amour pour lui ! Du désir non plus. 'Mais tes ex ?', il ne sait plus, il ne sait pas, et il ne sait pas où il en est. Il dit qu'il a perdu beaucoup de sa confiance en lui avec sa précédente relation, avec son ex qui ne le désirait pas alors qu'il l'aimait.
Moi je déduis qu'apparemment mon amour ne vaut pas autant que celui de son ex, mon désir ne vaut pas non plus autant, puisque les sentiments que je peux avoir pour lui le font semble-t-il fuir. Même s'il nie. Même si on ne sait pas pourquoi il veut arreter, même si on ne sait pas quand il a comencé à douter, si ce n'est que mes premieres alertes, les premiers doutes que j'ai écrits dans mes notes, correspondent effectivement aux hésitations qu'il a commencé à avoir dans notre relation.
C'est en fait là qu'il m'a parlé de l'étincelle, dans le chapitre 2 du dimanche après-midi, quand c'était le soir et qu'il commençait à faire nuit, trop lentement avec cette nouvelle heure qui allonge des jours pourtant déjà trop longs.
Il dit qu'il ne veut pas me faire souffrir en restant un mois encore avec moi et se reposer ces même questions dans un mois et me faire souffrir plus.
Je lui ai dit que ce serait une belle connerie d'arrêter entre nous, on s'entend tellement bien, je te plais, tu me trouves intelligente et belle et sexy et drole, on aime faire l'amour ensemble, on est bien l'un avec l'autre, je vois pas pourquoi tu veux arrêter. Demain matin tu vas te réveiller tu vas te dire 'putain mais qu'est-ce que j'ai été con !' - 'Ton humour est désarçonnant, il sort en toutes circonstances' - 'Ya pas mort d'homme non plus, dis, et puis même si y'avait mort d'homme, on a le droit de prendre de la distance'.
De la distance ? Pff, tu parles, j'étais en état de choc, j'ai vidé une boite de mouchoirs, je parlais normalement mais les larmes ruisselaient sur mes joues, pendant des heures, on a passé l'après midi et la soirée à parler et les larmes coulaient coulaient, je grelottais, j'avais la tête entre les tentacules d'une migraine-pieuvre, j'ai même failli vomir. Pour la légèreté et la distance on repassera....
J'aurais voulu rester stoïque ou presque, enfin, qu'il sente que ma sensibilité n'était pas si fragile que ça, que je ne risquais rien, qu'il ne sente pas des attentes de ma part, j'aurais voulu pouvoir lui dire, sans mettre plein de theatralité (même si involontaire) là dedans, que je tenais à lui mais qu'on pouvait faire une pause, pas problème prend ton temps, je suis zen et sure de moi, pas de pression affective.
'Si tu veux on fait une pause', c'est ce que je lui ai dit, mais avec des larmes, lourdes comme du plomb, plein les yeux. Il a accepté, il m'a remercié, entre deux flots d'excuses, il em remerciait, ça m'insupportait qu'il s'excuse autant.
Pourtant je suis convaincue qu'il ne faut pas qu'on se sépare, on va trop bien ensemble, ce serait débile. Logiquement il ne pourrait que réflechir et se dire que puisqu'il tient à moi autant (c'est de lui ça), il va raisonnablement revenir vers moi et me dire qu'il veut qu'on continue. Je serai prête à continuer, puisque moi je ne veux pas arrêter - même si ça sape beaucoup de la confiance que j'avais en lui et en la relation.
Et pourtant il y a cette histoire d'étincelle. Si l'étincelle n'est pas là, alors à quoi bon ? Mais c'est quoi cette étincelle ? elle peut pas revenir l'étincelle ? Si tu es bien avec moi et que moi aussi, si tu dis que tu tiens à moi, que c'est bien sexuellement entre nous, si on s'entend bien tous les deux, si tu dis que tu pourrais rester toute ta vie comme ça, alors qu'est-ce qu'on en a à foutre de ta putain d'étincelle ?? Une fois que le feu à pris, on a pu besoin de l'étincelle non ? En même temps je sais bien qu'un feu ça s'entretient, mais ça me semble tellement aberrant tout ça, on était parti tellement haut - peut-etre trop haut, ou trop vite, et c'est là hat qu'on a rencontré un vent qui a éteint l'étincelle en nous faisant dégringoler au sol...
C'était surréaliste dimanche, il me massait le dos pendant que je pleurais en lui parlant très calmement, en lui posant des questions, en recevant les poignards tendrement dans mon coeur (ou mon dos, c'était peut-etre ça cette douleur) et on continuait à parler.
Il me couvrait de baisers, il me serrait fort dans ses bras, fort comme pour que je ne parte jamais, il me caressait la peau de ses mains douces.
Et on disait toutes les 3 phrases qu'il allait réflechir pendant quelques temps, il disait qu'il avait beaucoup d'affection pour moi mais que c'était pas de l'amour, qu'il tenait à moi, qu'il avait besoin de me voir, qu'il allait prendre du temps, qu'il savait pu où il en était mais que dès que j'étais là il se sentait mieux, mais pas d'étincelle, de l'affection, ne pas me perdre, tenir à moi, mais pas amoureux, mais réflechir, faire une pause, pas arrêter la relation, un break, pas trop longtemps, merci, je suis désolé, plus où j'en suis...
Quand je disais 'arreter la relation' il me reprenait : 'mais pourquoi tu dis toujours arreter, on va faire un break, une pause, pas arreter' - 'Pour moi c'est un peu pareil au final, c'est pas très bon, de faire une pause au bout de deux mois, d'habitude j'en fais jamais, je pars et quand le mec me rapelle, parce qu'ils me rappellent toujours, en general c'est trop tard, mais faisons une pause, essayons, de toutes façons moi je sais que je tiens à toi et que je veux pas arreter cette relation'.
Et puis il recommençait à s'excuser, de dire qu'il était désolé. Ca m'énervait, on est pas désolé de ne pas avoir les sentiments adéquats au moment adéquat.
Et je ne lui ai pas dit mais je crois aussi que, quelque part, être amoureux ça se décide. Quand je l'ai recontré, je n'étaîs pas dans l'état d'esprit de tomber amoureuse, il ne me plaisâit même pas. et puis j'ai découvert, aux détours de ma curiosité, sa personnalité fantastique, il m'a donné envie d'avoir confiance, j'ai accepté d'ouvrir mon coeur, accepté de prendre le risque : ça c'est une décision - et j'en suis fière. Mais voilà où ça me mène maintenant.
Il a voulu qu'on dine ensemble, ça ne voulait rien dire et puis je n'avais pas faim. Il m'a demandé si j'accepterais qu'il me raccompagne à ma voiture quand j'allais partir. Je ne comprenais pas, mais j'ai dit OK. C'était comme quand on était ensemble sauf que c'était trop appuyé pour ne pas sonner comme des adieux. On est resté longtemps dans les bras l'un de l'autre devant cette télé, il m'embrassait les cheveux ou dans le cou, je deposais mes baisers sur sa joue, sa tempe, dès que je parlais, il coupait le son, et sinon c'était un dimanche soir comme un autre. La voisine a eu un orgasme pendant le film, j'ai dit qu'elle n'avait aucun respect pour nous, il a rigolé.
Au moment de partir, j'ai été prise de tremblements, j'étais frigorifiée. Je me suis réchauffée dans la couverture rouge et calmée, on est partis - main dans la main, je ne comprends pas, ça ne veut rien dire,. D'ailleurs d'y repenser, je trouve ça ignoble de se tenir encore par la main quand on est sur le point de se séparer, c'est presque indécent, tout autant que d'avoir passé la soirée dans les bras l'un de l'autre en se faisant des calinades. Faire comme si on était encore ensemble pour mieux se dire adieux.
En chemin vers la voiture, je posais plein de questions - forcément ça fait deux mois que je ne m'en pose pas de questions, que tout ce que je ressens est évident, alors oui maintenant je vais commencer à me les poser les questions.
Il m'a demandé de lui envoyer un texto pour dire que j'étais bien rentrée - 'Mais, tu sais, si tu décides qu'on arrête, je ne t'enverrai plus des textos pour te dire que je rentre bien'.
Il m'a serrée contre lui, on s'est fait quelques bisous du bout des lèvres, si l'envie de s'embrasser pour de vrai était là, elle n'aurait jamais pu franchir mes lèvres, je commençais à me fermer, me protèger - et puis à quoi bon ? Je ne sais pas.
De l'écrire là, j'ai les boules, c'était des bisous de dernière fois, c'est pas comme des bisous qui vont se revoir. J'ai sincèrement envie qu'on reprenne, qu'on y croie à deux, mais ces bisous ils disaient pas ça, même s'il n'a pas cessé de dire que c'est un break, pas une rupture. J'ai envie de croire que c'est pas fini, que comme dit ma copine c'est fréquent dans une relation qui débute de se poser un peu pour se remettre en question, réflechir où on va à deux, sauf que j'ai pas la certitude que ce soit ce genre de question qu'il se pose, je crois qu'il se demande où il va tout seul, en fait. D'aillerus il n'a jamais eu ce genre de situation par le passé avec ses ex (en mm temps ce sotn des ex, donc si ça a pas duré, c'est que c'était pas la bonne voie non plus).
Il a promis qu'il se déciderait vite, je lui disais au contraire de prendre son temps, mais il insiste sur le fait qu'il ne veut pas jouer avec moi, ne pas me mettre en 'attente' trop longtemps, il veut être honnete. Ce dont je n'ai jamais douté depuis que je suis avec lui. C'est quelqu'un de bien, tu sais, c'est la première fois que je rencontre quelqu'un de si 'bien', quelqu'un come ça, une personne vraiment différente sans être anormale. Je suis prête à lui donner un mois s'il a besoin d'un mois, si ça permet de sauver notre relation. Je crois qu'il reviendra avec sa reponse d'ici la fin de semaine.
J'ai fait la route en voiture avec ma pieuvre sur la tête et avec sa tentacule qui serrait sur mon front, les yeux gonflés de sel, et le mal de coeur dans la gorge, mal au coeur. Je lui ai fait son texto en arrivant, j'ai hésité avant de mettre une bonne nuit et des bisous à la fin. Il m'a répondu aussitôt, un merci dans une exclamation, et en miroir, la bonne soirée et des bisous.
Ensuite je ne sais pas. Tout peut s'arreter. Je lui ai dit hier 'si tu veux je te fais une plaidoirie, mais je crains que ça ne regle pas ce que tu as à l'intérieur de toi'. Il a souri, 'euh non', ça nous a amusés. Je sais bien que c'est pas avec une tirade rhétorique que je vais re-créer l'étincelle.
Je me dis par moments que sans l'étincelle c'est mort. Mais je ne comprends pas son histoire d'étincelle en réalité, ça ne cadre pas avec son bien-être à mes côtés.
Du coup je me demande si je l'ai l'étincelle avec lui, or je ne crois pas voir d'étincelle et pourtant mes sentiments sont là, indéniables, pour une fois que je sais que je suis amoureuse. Je me dis aussi que dans une semaine il va voir que je lui manque mais que le manque ça passe, et qu'il sautera à l'étape suivante.
Et puis à d'autres moments, je me dis que c'est impossible que ça s'arrete entre nous, c'est aberrant, on se sent si bien l'un avec l'autre, on s'apporte tellement de choses l'un l'autre, s'il tient tant à moi qu'il le dit et l'a montré, il ne peut pas me laisser filer comme ça. Tout le monde m'a dit qu'il va faire une énorme bêtise s'il me quitte. Evidemment ce sont mes proches qui disent ça, forcément ils sont partisans, mais ils connaissent tous mes relations précédentes et pour celle-là, tt le monde s'accordait à la trouver prometteuse.
Après je me demande où sera ma confiance en lui si on continue/recommence... On vole moins haut, n'est-ce pas ? C'est la confiance qu'il m'inspirait qui m'a conduite à ouvrir mon coeur et mes ailes. Mais ça on verra après. Et puis on verra tout court, quoi qu'il arrive toutes les voies sont intéressantes, je crois que je vais perdre beaucoup si on arrete, mais je peux par la suite aussi porter un autre regard sur tout ceci, rencontrer d'autres regards. Peut-etre qu'il me faudra du temps ou peut-etre pas.
Je sais juste qu'aujourd'hui, je n'ai pas tout vécu avec lui, qu'on est pas allés au bout, je sais bien que toujours les choses restent inachevées. Mais je veux (dans la mesure où il m'en donnera la possibilité à travers son choix) tout tenter pour vivre cette belle histoire, au moins voir si elle peut rester aussi belle qu'elle s'annonçait.
Bande son : Dandy Wharols - Bohemian like you Humeur : triste, des larmes sur les joues
Bande son : Hey Gravity - Lonely (ce qui n'est pas vraiment le cas pratiquement, mais toujours un peu à l'intérieur quand même) Humeur : neutre, mais neutre-bien plutot que neutre-pas-bien