Eclats de moi : Polysémie de Topaze (facettes et fragments)
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Pas sans lui - mais sans issue

J'ai envie de casser quelque chose, casser ce qui passe sous mes yeux et qui m'énerve, tiens, cette poupée en feuille de maïs qui a trop de poussière dessus, casser tout ce qui est sale ou délabré ici et dont je comptais m'extirper grace à lui : du seul fait de sa présence, du seul fait d'être avec lui, mes angoisses qui avaient disparues, juste parce que j'étais avec lui.

Je ne lui ai pas dit, ça. Je viens de réaliser que je ne peux pas imaginer ma vie sans lui. Jamais ça ne m'était arrivé. Je sais que ça fait cliché à dire ou à écrire, mais c'est comme ça. Je sai qu'avec le temps ça passe, enfin je crois, mais là je ne vois pas comment ça peut passer. C'est la première fois, je crois. Comme c'était la première fois que j'avais envie de dire à quelqu'un que je l'aimais.

On a parlé 2h30. Si c'était quelqu'un d'autre, j'aurais dit ciao il y a longtemps, mais avce lui j'ai voulu poser les problèmes et voir avec lui si on peut travailler ensemble dessus, pour arriver à vivre une vraie relation belle. Sinon il vaut mieux arrêter.

Il maintient qu'il ne veut pas s'impliquer, il ne le dit pas comme ça mais ça veut dire ça : j'ai besoin d'être égoïste, je ne veux pas partir en vacances avec toi, je ne ferai pas d'efforts pour adoucir mon rapport à l'argent. Il n'est pas prêt à s'impliquer de nouveau dans une relation, il est inenvisageable pour lui de faire des projets. Après on se demande pourquoi c'est lui qui m'a parlé d'appartement au début, ou de bébé : moi jamais je n'avais envisagé ça, ça me rebutait même plutôt - mais après qu'il l'ait suggérée plusieurs fois l'idée a germé chez moi tout doucement, pendant que lui se mettait à reculer.

Il dit qu'il regrette son attitude du début, que c'était une erreur, qu'il s'est trop engagé, trop vite, dans la relation. Qu'il s'en voudra toute sa vie de m'avoir emmenée avec lui dans le sud chez ses parents après un mois de relation - pourtant je lui avais bien dit qu'il allait trop vite, mais il ne voulait rien entendre. Il 's'en voudra toute sa vie' : bon, et moi j'écoute ça, ça fait plaisir tu te doutes, j'encaisse.

Il a besoin d'une journée pour peser, pour réfléchir. 'T'as déjà passé une semaine à réfléchir en mars, on en est au même point aujourd'hui, tu devrais être capable de savoir si oui ou non tu es prêt à faire les efforts pour vivre une jolie relation ou si tu veux rester tel que tu es, y'a pas besoin de réflechir 107 ans'. 'Je ne veux pas pleurer aujourd'hui' - 'ah tu préfères pleurer demain c'est ça ?' - 'je ne veux plus pleurer, plus pleurer pour ces histoires-là' (comme si ça n'en valait pas la peine).

J'ai accepté pourtant qu'il prenne sa journée de reflexion : j'etais trop faible pour admettre d'arrêter notre relation aujourd'hui - même si je ne vois aucune autre issue. Tant qu'une décision n'est pas prise, on garde l'espoir - on est faible, oui, et je suis 'on'.

Je vois bien qu'en une journée il ne va pas avoir envie de s'impliquer dans la relation. Surtout après ce qu'il a dit, il ne semble pas prêt à faire les efforts aujourd'hui pour s'investir. Et à côté de ça, il dit qu'il ne veut pas me perdre, qu'il a compris que si on arrête, il me perdra pour toujours, il sait que je ne ferai pas comme ses ex, que j'irai pas au cinéma tous les 15 jours avec lui. C'est ça qu'il pèse, mais ça pèsera jamais assez lourd pour quelqu'un pour qui la perspective de s'engager l'expose à investir de lui-même, de la confiance, l'expose à remettre en jeu sa propre sécurité affective.

Je ne voulais pas tenter de l'influencer, je le laisse faire. Mais c'est violent. Je sais qu'il n'y a pas d'issue autre que la rupture, il n'est clairement pas prêt à s'impliquer (avec moi). Je ne sais pas si je n'étais pas la bonne personne, ou si ce n'était pas le bon moment. Mais les faits sont là, et la conclusion ne va pas tarder à s'imposer. Je sais que j'aurais sans doute dû lui dire 'tu ne veux pas t'impliquer alors dégage', je vois bien que sur la balance j'ai donné beaucoup de moi, et lui beaucoup moins. Mais je ne suis sans doute pas assez cimentée en dedans, et j'ai eu la faiblesse d'espèrer.

C'est juste que je n'ai plus envie de rien, je n'ai plus envie d'exister pour quiconque. Je me doute que c'est pas très équilibré comme façon de voir les choses, mais c'est ainsi. Je ne crois pas à d'autres rencontres, je n'y crois plus, il y a toujours quelque chose de vicié, lui je voulais rester avec lui. Lui c'était l'unintended. J'ai admis d'avoir confiance, j'ai admis d'ouvrir mon coeur et laisser les sentiments couler, et c'était la première fois. Après lui je ne vois pas.

La relation avait pris une tournure qui ne me convenait pas et c'est pour ça que j'ai tiré la sonnette d'alarme, j'ai même été trop patiente sans doute. Je sais que j'ai eu raison de réagir, que c'était 'quitte ou double' mais vu la configuration, ça va être 'quitte' et je sais que c'est forcément mieux que continuer sur la pente où l'on est actuellement. Je le sais bien tout ça, mais je n'imagine pas ma vie sans lui.

C'était la première fois où je me projetais avec quelqu'un, où je ne pensais pas 'au jour le jour', la première fois où je me stabilisais ainsi - apparemment pendant que lui continuait à perdre pieds. Pour moi c'était le bon moment, je crois que c'était la bonne personne aussi. Et pour lui apparemment pas - même s'il dit qu'il ne veut pas me perdre et que c'est pour ça qu'il a besoin de réflechir jusqu'à demain. Mais ils l'ont presque tous dit qu'ils ne voulaient pas me perdre, et puis ils m'ont laissée filer quand même.

Il ne va rien se passer entre aujourd'hui et demain - prends-la, la nuit pour réfléchir si tu veux, je préfère autant ne pas entendre la décision aujourd'hui, c'est faible de ma part, je sais, mais c'est déjà moi qui ai dû susciter cette discussion, la mener, poser les problèmes, chercher si on pouvait démèler à deux, c'est moi qui ai remué le camboui, alors je peux bien avoir la faiblesse d'attendre demain pour admettre qu'on va devoir arrêter.

Demain il va me dire qu'on arrête pour ne plus me faire souffrir, parce qu'il veut tout sauf me faire souffrir et moi j'aurai des larmes qui ruissellent sur les joues et on raccrochera en se disant 'je t'embrasse'.  

Je ne veux pas ça, mais je ne vois pas quoi d'autre. Sans doute que dans quelques temps je me rappelerai cette relation en me demandant pourquoi j'ai accepté tout ça, mais aujourd'hui non aujourd'hui je tiens à lui. C'est en lui que j'ai voulu croire et c'est ça que je vais devoir abandonner. Ca fait mal. Je voudrais rester avec lui tout le temps.


Bande son : mon nez qui renifle et qqes sanglost ici ou là
Humeur : le pire est à venir, je prédis une semaine affreuse - et ce pull en cashmere que je lui ai acheté pour son anniversaire - c'est demain - putain j'en fais quoi ?

14.7.09 18:17
 




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