Alors attends, on va remettre les choses un peu dans l'ordre, et à leur place si tant est qu'elles en aient une. Enfin, juste peut-etre prendre un tout petit peu de recul.
J'ai été attirée parce qu'il était déterminé, attentionné, enflammé, calin, on était complices, j'aimais sa sensibilité, son intelligence et son univers, et on faisait abondamment des galipettes.
Qu'en est-il resté ?
Un mec qui ne sait pas ce qu'il veut, qui ne sait pas s'il m'aime mais qui croit que non alors que tout montre (montrait) que oui, qui parle de son ex d'il y a un an et demi toutes les 10 minutes, un mec qui a peur d'être amoureux, un mec qui couine et clame son besoin de se regarder le nombril et de ne penser qu'à lui (mais aimerait bien avoir qund même une petite amie parce qu'il a envie d'être aimé et que ça lui manque), un mec près de ses sous, un mec qui me frustrait en me faisant miroiter des choses que je n'avais pas demandées pour les reprendre ensuite, un mec qui voulait bien faire l'amour toutes les 3 semaines, oh allez une fois par semaine parce que j'insistais bcp (mais pour me faire plaisir alors... super... trop gentil...).
Il en est resté également un mec très calin, au grands bras magiques qui effacent mes craintes quand il m'enveloppe, un mec avec qui on est restés des heures enlacés l'un contre l'autre dimanche et c'était doux. Un mec avec qui on s'entendait bien sexuellement (quand ça arrivait qu'on fasse l'amour, et pourvu d'accepter de ne jamais aller jusqu'au bout de l'acte). Un mec serviable bien qu'il soit égoïste (si c'est apparemment cohabitable). Un mec avec qui on a en commun le même mode intelligence des choses, un mec à la sensibilité fine et un sens de l'observation exceptionnel (sauf quand il s'agit d'observer ses propres problèmes, alors là sa capacité à ignorer les noeuds est fantastique). Un mec avec qui on parle tous les deux pdt des heures sans voir le temps passer quand on est ensemble et je ne sais même pas si le temps, lui, nous voit passer d'ailleurs tellement tout s'arrête quand on est ensemble. Un mec à qui je dis 'on est bien ensemble' et qui approuve 'oh oui'.
Mais surtout un mec qui ne veut pas partir mais qui ne veut pas rester non plus. Qui a peur d'aimer et d'être amoureux mais qui aimerait bien être aimé et qu'on soit amoureux de lui. Qui n'a toujours pas compris sa relation passée avec son ex ni son échec. Qui pense à lui avant de penser à moi, qui pense à lui plutôt que penser à moi. Non c'était pas comme ça au début.
Je sais pas bien ce que dit le bilan de tout ça, s'il y a des coeff' et tout et tout.
Ce que je sais, c'est qu'il ne faut plus rester là, la nuit va tomber maintenant, il est temps de courir se mettre à l'abri, il ne devrait plus rien arriver de bon, il ne faut plus espèrer ou attendre, je ne sais pas bien la nuance entre les deux mais je crois qu'il ne faut ni l'un ni l'autre.
J'ai trop attendu, je sais qu'il ne fera plus marche arrière. Plus maintenant. Plus depuis ce mail qui commençait par 'comme convenu'. Plus depuis nos deux mails faussement symétriques, miroir du nouveau fossé entre nos états d'esprits, dans lequel je lui avouais que j'avais regardé vers lui et dans lequel il m'avouais que lui aussi avait regardé... vers lui ! Plus depuis les échanges du Japon et les autres. A peine encore quelques gouttes ce dimanche, mais la source s'est tarie, j'ai bien compris, même si j'ai du mal à l'admettre.
J'ai dit à moi-même ok je laisse le bénéfice du doute encore une semaine, une sorte d'ultimatum plutot pour moi-même d'encore une semaine - le temps de voir, sans doute, les dernières gouttes s'évaporer, et peut-etre surtout plutôt le temps pour moi de m'habituer à l'idée que, ce que j'ai rompu il y a 3 mois, j'ai eu raison de le faire.
Il était temps, tu penses, c'est ça ? Oui mais dans la vie on ne décide pas toujours ce qu'on décide. Alors moi je crois que je vais décider cette semaine ce que j'ai cru décider il ya 3 mois. Et je crois que c'était normal, il faut du temps.
Je ne sais pas ce qu'il me prend, de me remettre à écrire je ne sais pas si c'est bon ou pas bon, mais peu importe, ça n'est pas désagréable, non je crois même que ça aide à faire glisser, un peu comme un verre d'eau avec un comprimé un peu amer...
Bande son : pas de bande son, juste l'odeur du bouquet rose et blanc qu'on m'a offert samedi
Humeur : un peu triste et nostalgique, amère, doucement résignée ou lentement plutôt. Plus calme, je me couche plus tôt c'est peut-etre un signe (d'ailleurs, ça me fait penser, à propos de la procédure judiciaire, il m'a dit qu'il etait admiratif, 'je ne sais pas comment tu fais. Je ne sais pas comment tu fais pour garder ton calme'. Moi non plus je ne sais pas comment je fais, mais je ne sais pas comment je pourrais faire si je m'énervais, alors c'est ainsi et ça ne veut pas dire que ça m'use pas).
Humeur bis : tu sais j'ai dit à propos de Bali que j'avais été un peu comme un train qui regarde passer une vache - tu saisis la nuance ? Et bien je crois qu'il y a beaucoup de choses dans cette vie qui sont ainsi, je crois que peut-etre aujourd'hui j'en suis là dans cette histoire.